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 do i wanna know ? (noorone)

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Simone Marconi

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MessageSujet: do i wanna know ? (noorone)   Mar 17 Avr - 12:13


do i wanna know,
i this feeling flows both way
(sad to see you go)



il grimpe, il grimpe sans s'arrêter, avec dans les poumons le parfum d'un nouveau jour, la brûlure d'un ciel plus pur, ça fait mal mais c'est si bon. il grimpe, simone, il a besoin de son air, besoin de crier un bon coup, besoin de se dire que les choses arrivent pour une raison et s'il se sent aujourd'hui si impuissant face à la marche du monde, c'est bel et bien pour quelque chose. il n'y croit plus trop, pourtant, quand de son promontoire il voir l'étendue du chantier, quand il voit qu'on déjà coupé, ci et là, quelques arbres mal placés. il n'y croyait pas plus avant, ça c'est assez vrai. simone, il a le coeur qui s'agite derrière ses côtes, il halète et il se dit qu'il devrait arrêter la clope, que c'est comme ça que son père y est resté, enfin c'est pas qu'il fumait tant que ça son père mais il menait une vie impossible, à boire des coups jusqu'à deux heures du matin, rentrer cajoler sa femme, se lever aux aurores pour préparer à ses enfants "un petit dej de lion" (il disait ça, "simone, mange ton petit-dej de lion" et puis il partait travailler en riant, éclatant les murs et les fenêtres de son rire tonitruant, gigantesque, terrible). simone, pour commencer, il n'a même pas de femme, encore moins de mioches, ça lui laisse plus de temps pour lui. mais il a des emmerdes, par dessus la jambe droite, la jambe gauche, les deux bras, le menton et le crane. il a des ennuis parce qu'il sait jamais se retenir d'aimer un peu, puis il regrette parce qu'il ne sait pas aimer vraiment, enfin il fait semblant qu'il s'en fout et c'est à lui que tout le monde finit par un vouloir. c'est sur cette pensée qu'il s'assoit rageusement sur un rocher, ici il y a un peu d'ombre, quelques oliviers, on voit bien le village mais on est loin du sommet. simone voudrait s'allonger un peu mais il y a que des pierres ici, ça le gonfle, il n'est pas loin d'abandonner. et puis, y'a ce petit galet qui roule jusqu'à sa cheville, il le ramasse dans ses doigts abîmés, l'observe un instant, incrédule, comme s'il voulait lui demander ce qu'il fait là. il comprend un peu trop tard et se retourne, se retrouve comme aveuglé. ma parole, elle a des cheveux qui reflètent le soleil, vraiment invivable celle-là, il pense en se cachant les yeux de son autre main. elle est décoiffée et elle ne porte plus l'une de ses robes à fleur. elle a même quitté ses petits talons qu'on entend passer dans toute la ville là, en rythme, de petits pas effrayés qui tapent contre le crâne de simone tout le reste de la journée. tac tac tac, ça fait dans sa tête à cet instant, s'il était pas trop con il se rendrait compte que ça fait du bruit ailleurs que sans sa boite crânienne mais ça. il souffle, déjà exaspéré. vous voulez quoi ?* il refuse, de faire un effort, de lui parler dans sa langue, il se joue déjà qu'elle ne comprenne rien, force sur son accent, parle un peu plus vite. c'est qu'elle se lassera peut-être sans qu'il n'ait rien à faire.  

* en italien dans le texte

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❝ nel vento soffia la tempesta ❞ envoyez lui son bon souvenir elle vous dira qu'elle s'en fout, qu'il faillait pas la faire languir en la couvrant de mots doux, son coeur avait déjà pris la mer alors qu'il lui confessait que jamais rien d'autre qu'un navire ne l'avait fait voyager.
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Noor Cresta
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MessageSujet: Re: do i wanna know ? (noorone)   Mar 17 Avr - 19:40

Ce matin, comme tous les matins, Noor se lève tard. Même chambre d'hôtel aseptisée où elle laisse traîner ses affaires, mêmes draps immaculés, changés quotidiennement, même vue sur la piscine et même amertume de cet endroit, prison dorée qu'elle s'est imposée. Parfois, elle voudrait se réveiller dans son appartement new-yorkais, comme sortie d'un mauvais rêve, parfois même chez ses parents, dans sa chambre d'adolescente qu'elle n'a pas vue depuis près d'une décennie. Mais non : c'est à Malcesine que sa journée se poursuit, paysage idyllique mais éternel recommencement de son cauchemar personnel ; Sisyphe n'a qu'à bien se tenir.

Face aux montagnes, elle aperçoit le téléphérique, et alors l'idée de se rendre tout en haut du Monte Baldo lui vient, comme une pulsion, pulsion de vie face à la folie guettant la femme tournant inlassablement en rond. Elle s'équipe comme si elle partait pour une ascension de l'Everest. Exceptionnellement, Noor troque ses vêtements estivaux pour des chaussures de randonnées (neuves, jamais portées, ampoules à prévoir, mais pour le moment elle s'en moque), short et débardeur. Seules ses lunettes de soleil ostensiblement luxueuses semblent la rappeler à sa condition. Et elle s'en va, partant pour sa grande expédition, avec l'entrain de ceux qui font les choses pour la première fois.

L'arrivée ne se fait pas attendre, accompagnée d'une vue imprenable sur tout le Lac de Garde, parsemé de reflets mordorés dans la lumière printanière qui baigne les alentours. En contrebas, Malcesine. Entre les deux semble se dessiner un chemin,
sinuant entre les oliviers et les rochers. Enhardie par son exceptionnelle expédition, Noor se décide à rejoindre le village à pieds. Elle entame sa descente en toute confiance, on aperçoit les toits des maisons, le chemin est dégagé. Mais petit à petit, la vue se referme, à l'ombre des arbres feuillus. Les minutes passent, les cailloux se suivent et se ressemblent, pas le moindre indice quant à la direction à prendre. Alors Noor se tourne vers son téléphone, réflexe absurde, pas de réseau. Elle soupire et poursuit sa route, tentant tant bien que mal de s'en retourner vers un semblant de civilisation. Un espace dégagé semble se dessiner en contrebas, elle s'y aventure, et y trouve un homme, un garçon du village qu'elle a déjà vu : il la dévisage dès qu'il l'aperçoit, regard teinté de reproche et de méfiance. Il n'en fait pas moins aujourd'hui encore.

Il s'adresse à elle en italien, et elle entend bien qu'il ne fait pas le moindre effort pour être compréhensible, parlant trop vite, articulant trop peu.
« Sorry, I don't speak italian. » Elle lance en anglais, levant les bras d'un air navré. Elle pourrait faire pitié, avec ses légères griffures sur les jambes et ses cheveux décoiffés qu'elle n'a, pour une fois, même pas tenté de réajuster. « I got lost, I was looking for the village. » Elle lève vers lui un regard suppliant, demandant son aide en silence, avant de se ressaisir. Noor Cresta n'est pas de celles qui implorent. Alors elle pose les mains sur ses hanches, et annonce : « But I see it's there. I can handle this, can't be that hard... » Mais si elle se voyait, là, avec son allure défaite tout droit sortie des bois, peut-être ravalerait-elle un peu de cette fierté mal placée, qu'elle assène sans mesure aucune.

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Elle portait une robe grise, d'un gris extraordinaire, presque blanc, où la lumière s'accrochait, comme, à l'aube, certaines teintes de la mer.
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Simone Marconi

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MessageSujet: Re: do i wanna know ? (noorone)   Mer 18 Avr - 11:08

sa mère à cet instant l'aurait sans nul doute regardé avec des yeux qui se froncent, le regard assombri. elle aurait croisé les bras sur sa poitrine généreuse de mère italienne. elle aurait secoué la tête, comme ça, "non non non, simone" et puis elle lui aurait dit qu'elle ne l'avait pas élevé comme ça, ce bougre. elle aurait dit, regarde comme ta soeur elle se comporte bien, elle est polie, elle rapporte de l'argent à la maison, les gens l'aiment bien. pas comme toi, que tout le monde évite parce que tu fais toujours la tête, mamma mia, elle aurait dit, y'a que le bon dieu pour te supporter. l'idée le fait sourire en coin, il aime sa mère surtout quand elle hausse le ton, ça la rend belle de s'énerver et puis, c'est comme si papa était encore un peu là. mais sa mère pour le moment n'était pas là, il n'y avait que sa nature maintes fois foulée et aimée en silence, que malcesine en bas qui lui faisait les yeux doux, et que cette femme qui tout entière détonnait avec le paysage. aussitôt, il était tendu, le regard sévère et cette main qu'il balançait négligemment vers le sol pour faire retomber ce petit galet maudit. « Sorry, I don't speak italian. » fallait se douter, il se dit en haussant les épaules. il ne faudrait pas qu'en plus elle apprenne votre langue, ça pourrait la rendre agréable. simone parle l'anglais qu'on apprend vaguement à l'école, il torture quelques mots de la langue de shakespeare mais c'est parfois assez pour se faire comprendre. ça suffira, pour elle. « I got lost, I was looking for the village. » il comprend ce qu'il croyait déjà comprendre, c'est à dire dans quelle posture de biche égarée elle se trouve, et ça le fait marrer à l'intérieur, de la savoir perdue. c'est cruel, un peu agréable aussi, de l'observer là depuis son rocher, ses jambes rougies par le soleil, l'effort ou les branchages. prise d'un regain de fermeté, la voilà qui se redresse, lui jette ce même regard de mépris qu'il pose sur elle à chaque détour. « But I see it's there. I can handle this, can't be that hard... » il ne comprend pas tout, simone. mais elle parle avec les yeux, cette fille, elle parle de ce qu'elle ne dit pas, elle se tort dans des grimaces ou des sourires convenus et on a pas besoin de l'écouter pour savoir qu'elle voudrait hurler plutôt que débiter des paroles polies. les courtes secondes de silence qui suivent sa déclaration lui permettent de sonder un peu ce regard qu'il n'a jamais eu l'occasion de parcourir. un instant, ils se tiennent là, à se défier du regard, simone tentant de savoir si elle se lancera vraiment, noor attendant de voir s'il allait la prendre en pitié. lentement, il sort de la poche de sa veste son paquet de roulés. elle s'impatiente, c'est ce qu'il voulait. elle s'apprête à s'élancer dans le petit chemin de gauche, quand simone, le filtre calé entre les lèvres, marmonne. not there, paré dans un accent chantant, très star de cinéma. snakes. many snakes. il dit simplement, un fin sourire qui tire sur ses lèvres.

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Noor Cresta
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MessageSujet: Re: do i wanna know ? (noorone)   Mer 18 Avr - 19:52

​Méfiance, mépris. Le regard de son interlocuteur semble traduire un peu des deux, mélange savamment travaillé. Noor le connait par cœur, cet air sur les visages qu'elle a vu bien trop souvent alors que leurs yeux se posent sur elle. Ils se pensent meilleurs qu'elle, ils disent, sans mots, qu'elle n'a pas sa place ici. Depuis des années désormais, elle a appris à déceler cet éclat dans leurs regards, cette même posture fière qu'elle retrouve chez l'Italien aujourd'hui. Il n'est pas le premier à le lui asséner, comme un coup porté, depuis qu'elle est arrivée ici. Elle sait aussi qu'elle emporte avec elle, dans son sillage, cette même attitude qui a le don d'énerver ceux du village. Cette attitude, elle a mis des années à l'acquérir, des années d'apprentissage pour avoir le bon phrasé, le bon porté de menton. Mais c'est trop pour Malcesine, Noor est trop blonde, trop américaine, trop hautaine pour être comme eux.

Il la toise, et elle fait de même, posant pour la première fois un réel regard sur cet homme déjà aperçu par le passé. Là, le visage découpé par les rayons de soleil perçant à travers les feuilles d'oliviers en surplomb, il faut lui reconnaître une certaine force. Pas cette élégance raffinée dont elle a l'habitude chez les hommes qu'elle fréquente, seulement un être brut. Et le voilà qui marmonne, filtre en bouche, ultime confirmation de son absence tota​​le de sophistication. Dans son anglais à l'accent prononcé, il articule :
snakes, comme un signal d'alerte qu'il veut lui envoyer, alors qu'elle n'attend plus rien de lui, proche de l'abandon. Cet endroit tenait donc chaque jour un peu plus du cauchemar, se dit-elle, parcourue d'un frisson à l'idée des rampants, qu'elle imagine déjà se glisser entre ses jambes, dans les feuilles hautes.

Silencieusement, elle estime avoir gagné la bataille : il a fini par lui accorder son aide quand elle ne l'espérait plus, et c'est presque trop beau pour être vrai.
Noor fronce les sourcils.
« Grazie. You ain't messing with me, right ? » Elle l'observe interrogative, bras croisés sur la poitrine. « Truth ? Hum... Verito ? Verità ? » Elle répète, formulation simpliste pour celui dont elle ignore s'il la comprend, et la voilà à parler comme on s'adresse à un enfant de cinq ans. La victoire trop facile, son sourire trop faux ; mais la partie n'est pas finie, et cette fin de randonnée s'annonce bien plus amusant que prévu.

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MessageSujet: Re: do i wanna know ? (noorone)   Jeu 19 Avr - 11:00

il réalise qu'il n'a même pas vraiment envie de fumer, simone. il le fait parce que bizarrement, d'un coup, il ne sait plus quoi faire de ses mains, il les trouve un peu terreuses, elles doivent sans doute être encore pleines d'échardes. elles sont tout le temps pleines d'échardes : pour dire vrai, des échardes simone s'en est tellement pris dans les doigts qu'il ne les sent plus. il ne sait plus quoi faire de ses bras, non plus, ils ont des cicatrices larges, scintillantes, il n'a jamais su faire attention à sa propre personne et c'était peut-être parce qu'il était longtemps trop occupé à surveiller les autres. bref, comme il ne sait plus quoi faire de lui-même et que c'est tout sauf le bon moment, simone se roule une clope, fine comme une brindille, et la porte contre ses lèvres. c'est bien, se dit-il, ça occupe les yeux aussi et ça lui évite de s'attarder trop lourdement sur un trait ou une courbe, sur ses mains à elle qui n'ont sans doute jamais reçu d'écharde de leur vie et qui sont fermement amarrées à ses hanches. non, il ne va pas se mettre à regarder ses hanches, par plus que sa jolie taille et encore moins sa poitrine. il est au dessus de ça, simone. il vaut bien mieux qu'une pimbêche d'américaine qui sait même pas rouler les r. alors pourquoi il l'aide ? ça, il ne le sait pas, à part qu'il n'a pas le courage de la porter jusqu'en bas si jamais elle se fait mordre la cheville par une petite vipère. c'est une raison suffisante, qui calme un peu son esprit. il regarde au loin quand la fumée de son tabac lui roule sur la langue, il est sec ce tabac, il faudra le changer, mais pour le moment il a bien d'autres problèmes. il n'y a qu'une route qui vaille pour redescendre et il n'avait absolument pas prévu de la faire à ses côtés. « Grazie. You ain't messing with me, right ? » il tourne un regard détaché vers elle, un regard baigné de soleil et d'indifférence. son merci est si mal prononcé qu'il voudrait en sourire, mais pour l'effort, il reste sérieux une minute. c'est surtout qu'il n'a pas compris un traite mot du reste de sa phrase et que ça, ça l'emmerde, parce qu'elle pourrait tout aussi bien être en train de le traiter de gros péquenaud. « Truth ? Hum... Verito ? Verità ? » aussitôt, c'est les sourcils de simone qui s'entremêlent. cette blonde se fiche de lui. il se relève, histoire de se donner une contenance, ne fait fi de ses bras croisés. contente ou pas contente, aujourd'hui elle aura besoin de lui, alors il va lui faire comprendre sur quel ton il voudrait qu'on lui parle. , il glisse entre ses dents serrées. please, go, il dit avec le regard devenu un peu dur. but no hospital here, il balance à tout hasard, pas très sûr de ses mots mais convaincu qu'elle comprendra où il veut en venir. le monte baldo porte le parfum des pas de simone, chaque sentier, chaque arbre, chaque rocher. que cette blonde impertinente le remette en question, c'est déjà bien trop pour lui.  

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MessageSujet: Re: do i wanna know ? (noorone)   Ven 20 Avr - 8:23

Il se lève soudain, mouvement en avant, comme une menace silencieuse. Alors, il donne l'impression de ne faire qu'un avec la montagne sur laquelle ils se trouvent, se dressant contre vents et marées, par tous les temps. Il la connaît sûrement par cœur, pour l'avoir arpentée des centaines, des milliers de fois. Alors Noor se sent bien bête, remettant en question ses propos, elle qui n'est là que depuis un petit mois, et qui pour la première fois vient se perdre au sein de la montagne. A vrai dire, elle lui préfère largement la plage et le lac, là où elle ne risque pas une entorse ou une morsure de vipère au moindre pas de côté.

Noor profite du mouvement de l'homme pour l'observer, elle qui jusqu'alors avait concentré son regard sur son visage fermé. Ses grandes mains sont caleuses mais fines, un peu sales aussi. Elles lui rappellent celle d'Angelo ; à croire que tous les hommes du village vivent d'activités manuelles (ça la dépasse un peu). Il ne semble pas plus vieux qu'elle, sinon même de quelques années son cadet, alors qu'elle détaille les traits de son visage. Son regard s'attarde sur la bouche, la mâchoire, le cou. Et puis sa voix, salvatrice, la sort de sa rêverie.
il lui balance en un sifflement âpre, avant de lui intimer de partir, et elle s'apprête à s'exécuter, suivant la direction indiquée par l'inconnu. but no hospital here, il ajoute, et elle ne peut réprimer un froncement de sourcils, réflexion inspirée, car elle ne sait quelle attitude adopter avec cet homme qui, manifestement, ne veut pas d'elle ici. Pourtant, Noor a désespérément besoin de lui ; et ses mises en garde ne font que le confirmer.

Enfin, elle relâche ses bras, détendus le long de son corps, et rétorque en un sourire satisfait :
« You know what ? I think I'll stay here for a while. » Le plan est simple : attendre qu'il rentre au village, et faire la route avec lui. Aucun danger avec cet homme qui semble tout savoir sur tout dans la région, et un compagnon de route ne peut lui faire de mal pour rompre l'ennui de sa solitude quotidienne. Noor se préoccupe bien peu de qui est cet homme, pourquoi il est là (seul) et surtout, de savoir si sa présence le dérange. Le destin a fait qu'il se trouve ici, et qu'elle a besoin d'un guide ; pas besoin d'aller plus loin. Mais ça bien sûr, elle ne peut l'admettre. Alors elle s'empresse de compléter : « It's too hot - molto caldo -, I need the shadow. »

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MessageSujet: Re: do i wanna know ? (noorone)   Ven 20 Avr - 15:47

il ne s'énerve pas, simone. parce que la plupart du temps, il fuit avant que les choses ne s’enveniment, que quelqu'un finisse trop blessé, quand que l'irréparable naisse. il n'a jamais fait de mal à personne, du moins c'est ce qu'il croit puisqu'il n'était pas là pour le voir. il agit simone, il fait puis il s'en va, laissant à d'autres la satisfaction ou la rancoeur. avec les femmes, il a l'exacte même ligne de conduite. il se tord rarement dans des simagrées séductrices, de toute façon il ne saurait pas faire, alors il y va, sans se presser mais la tête la première, il plonge dedans et si ça passe, c'est tant mieux pour lui. c'est pas forcément tant mieux pour elles. de toute façon, des femmes, il n'y en a plus tant que ça qui se frottent encore à son caractère inconstant. les locales s'y sont piquées ou se sont fait passer le mot ; les touristes le méprisent tout autant qu'il le fait. il n'y a pas d'équilibre dans la vie de simone, il passe du tout au rien, souvent un peu trop vite, et s'en rend compte après.

par exemple, là, il voudrait qu'elle parte loin. il voudrait que cette grande blonde un peu maigrichonne descende le chemin en courant, quitte à se péter la jambe, pour qu'elle s'éloigne de lui le plus vite possible. et en même temps, si elle descendait trop vite, il sait qu'il ne pourrait pas la regarder s'éloigner de dos, hors c'est ce qu'il préfère faire, la regarder de dos. elle a dans les reins une cambrure que n'ont pas les femmes d'ici, un port de tête léger, des épaules toujours haute. ça lui plaît, à simone, ça l'énerve tout autant. sur son visage on ne lit que bien que d'expressions : si ce n'est une impatience qui, tranquillement, pointe le bout de son nez. observateur aguerri ne s'y tromperait pas : il a l'un des deux sourcils qui se fronce, il fait toujours ça simone quand ça ne va pas assez vite pour lui.

elle lambine, cette fille. elle hésite, elle entame, elle recule, elle soupire. elle est tout ce qu'il ne supporte pas, indécision, prétention, et simone il est bien trop con et borné pour se rendre compte qu'il est exactement pareil. il se place entre le soleil et elle, c'est pas qu'il veut lui faire de l'ombre mais il a besoin de se faire entendre. simplement, il ne s'attendait pas à ce qu'elle fasse preuve d'une once d'intelligence. il est comme ça simone, il se laisse souvent surprendre en plein milieu de ses certitudes. « You know what ? I think I'll stay here for a while. » qu'elle dit dans un sourire agaçant, et à simone de laisser échapper un grognement réprobateur. "here", elle a dit, et si il est un peu distrait le simone cela ne signifie pas qu'il est con, "stay here" il sait que ça veut dire le début des soucis. « It's too hot - molto caldo -, I need the shadow. » qu'elle lance à la volée, ça le scie sur place le grand simone, il reste là à la regarder se dandiner jusqu'à sa place à l'ombre, celle-là même qu'il vient de quitter. il se sent comme l'un de ces grands châtaigner que l'on coupe à l'automne, démuni, pire même, il se sent d'un coup pris au piège et c'est peut-être la sensation qu'il déteste le plus au monde. il reste les bras ballants comme un con, avec sa roulée éteinte au bout de ses ongles un peu noircis, et le soleil qui lui colle aux tempes, le balance dangereusement vers l'énervement. il faut souffler, simone, il se dit en silence, en la voyant feindre des regards au loin alors qu'il a bien vu comment elle l'avait détaillé quelques minutes auparavant. la curiosité -et c'était un mauvais présage- finit par l'emporter sur le mépris. il se rassit à quelques mètres, jouant consciencieusement à ne pas la quitter du regard, tout à coup devenu oppressant, fatiguant, presque impudique. il espérait qu'elle ne supporterait pas l'affront.

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MessageSujet: Re: do i wanna know ? (noorone)   Sam 21 Avr - 22:59

Silence. Il s'installe, s'insinue entre eux, comme un énorme barrage, qui s'il est invisible, englobe tout l'espace qui les sépare, remplit ce vide d'un air plus chargé, plus lourd, pesant. Le silence, ça peut être beaucoup de choses ; autant de significations que d'individus. Certains y prendront sur plaisir, enfin le calme, un silence bienvenu que l'on accueille à bras ouverts. Pour d'autres, il est source d'angoisses démesurées, et vite, vite, il faut le meubler de mots, ne pas laisser de béance, saturer l'espace de paroles, créer des ponts et des passerelles entre les individus chez qui il apparaît. Noor est de ceux-là : elle ne supporte que mal les grands laps de temps d'arrêt, elle a besoin de bruit, de mouvement, de vie. A bien y réfléchir, elle n'a surtout jamais été habituée à cette apesanteur que crée un calme total. Chez les Wallis, ses parents, la télévision était toujours là pour tenir compagnie, noyant dans un brouhaha indiscernable les sons du quotidien, les conversations mornes des adultes leurs insultes, leurs gros mots, leur vulgarité.

Annonçant sa volonté de se reposer là, Noor note le regard lourd de sens de son interlocuteur, dans ce qu'elle interprète comme une déception (il est sûrement bien plus amateur de silence qu'elle, et sait qu'elle vient l'interrompre pour de bon). Noor feint l'indifférence : regard au loin, du genre "je regarde l'horizon comme une carte postale", alors qu'elle n'en a rien à faire, de l'horizon. Ce qu'elle veut vraiment savoir, maintenant, c'est ce qu'il va faire. Elle a fait une irruption tonitruante dans sa sereine après-midi, et Noor s'amuse avec une certaine curiosité de la contre-attaque de l'italien. Il vient s'asseoir à ses côtés, regard noir vissé sur elle. Elle le soutient, affichant un léger sourire en coin.
« You're not scary, you know. » Elle affirme, et pourtant son malaise est bien là : jamais encore, dans son souvenir, elle ne s'est trouvée aussi proche d'un inconnu - et quel charmant inconnu. Alors elle pense à son allure, il faut que ça arrive le jour où elle a décidé de ne pas se maquiller, que sa coiffure est brouillonne et qu'elle porte de grosses chaussures de randonnée (qui par ailleurs, lui ont provoqué de détestables ampoules).
Après un instant de ce jeu d'intimidation, Noor détourne le regard, passe une main dans ses cheveux, comme le font les gens mal à l'aise, un geste confus, un geste de défaite.
« Alright, you don't want me here ? Why ? » elle le questionne, perplexe et dérangée par son attitude troublante, de celles qui ne correspondent à aucune des normes sociales qu'elle a scrupuleusement apprises.

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MessageSujet: Re: do i wanna know ? (noorone)   Mer 25 Avr - 15:57

simone se raccroche à une immaturité caractéristique pour cacher son trouble. sa mère lui aurait dit -mais pourquoi fallait-il qu'il pense toujours à sa mère quand il se retrouvait à proximité d'une belle femme?- qu'elle le brouillait, c'est comme ça qu'elle disait, qu'il était brouillé, ou brouillon, il ne sait plus, bien que la signification ne soit pas la même. il joue les imbéciles heureux, enfin là plus tellement, dans l'espoir de faire apparaître chez son interlocutrice des signes précoces de lassitude, d'ennui ou d'agacement. cette manigance a pour lui un certain avantage. assis plus près qu'il ne l'aurait cru sur cette pierre qui répandait autour d'elle une chaleur douce, il a le loisir de faire passer l'observation minutieuse qu'il fait d'elle pour de l'impolitesse ou de la provocation. et pourtant, ses yeux passent en revue les lignes symétriques et délicates de son visage clair. elle a ce nez fin des stars de cinéma, il le voit très nettement maintenant qu'elle a le visage tourné vers l'horizon. mais sa bouche est close dans une moue résolument boudeuse, et il s'interroge, l'esprit qui se perd un peu, est-ce son expression habituelle ou les sentiments qu'elle lui inspire ? « You're not scary, you know. » il se rend compte qu'il aime quand elle sourit. ses pommettes remontent le long de sa mâchoire et lui donnent un air plus doux, quelque chose de pratiquement innocent, de fragile. simone n'est que le reflet de son environnement, il aime les femmes dans ce qu'elles révèlent de failles, et non dans la force constante de l'opposition. elle se trouve à cet instant d'une position de véritable faiblesse, exposée à la lumière vive d'une italie qui s'éveille, et au regard d'un simone qu'un oeil observateur décrirait comme légèrement fasciné, mais qui pour elle doit juste s'avérer très dérangeant. « Alright, you don't want me here ? Why ? » souffle-t-elle comme on abandonne une longue et douloureuse partie, une main aux ongles brillants s'abandonnant dans sa chevelure claire. il se sépare de sa vision pour regarder le lointain, avec au coin de ses lèvres un sourire chargé de malice. « like to be alone », grommelle-t-il après un nouveau moment de silence qu'on croirait placé là exprès. dans son anglais qui saute des mots, il tente de mettre un peu de lui et un peu de ce qui fait qu'il n'y a qu'ici qu'il se sent chez lui. « alone with this. » il dit, la paume de sa main calleuse qui s'ouvre sur le flanc de montagne. sur les oliviers qui tapissent le paysage d'un beau vert-gris. sur les abricotiers format des grappes d'un vert qui vire doucement vers l'orangé à mesure des beaux jours. sur le lac de garde, en fond de scène, paisible spectateur de vos déboires, débats et probablement, dans un futur qui lui paraîtrait inconcevable, de vos futurs ébats.

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Noor Cresta
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MessageSujet: Re: do i wanna know ? (noorone)   Jeu 26 Avr - 19:00

Elle ne sait pas ce qui, de son accent prononcé, son regard indéchiffrable ou son ton passif-agressif, lui donne cette idée que la rencontre qu'elle vient de faire n'est pas anodine. A Malcesine, elle n'a pas eu l'occasion de fréquenter beaucoup de locaux (elle n'a pas non plus vraiment essayé), faisant de ses rapports humains un bien rare. Lui, il l'intrigue, à sa manière un peu étrange. Il est à l'image de sa ville qu'il semble tant chérir ; il ne veut pas d'elle, il n'a a priori rien pour lui plaire, et pourtant elle se décide à rester un peu plus, son séjour se prolongeant encore et encore, malgré ce village qui la refuse et où elle n'a, et elle le sait, rien à faire.
Malgré ça, la voilà assise à ses côtés sur un rocher, à l'ombre des oliviers, qui donnent eux-mêmes sur Malcesine la maudite pour l'une, Malcesine la bien-aimée pour l'autre.

A sa question, il ne répond pas tout de suite ; ça a le don d'exaspérer Noor, qui se retient de le secouer, tentant de faire tomber des mots comme tomberaient des pommes. Elle le regarde, hausse les sourcils, attendant qu'il daigne lui accorder un bougonnement.
« like to be alone » il dit, et elle ne peut s'empêcher de sourire, parce qu'il est un incroyable cliché, et elle se dit que ça le rend, en réalité, plus charmant. « alone with this. » poursuit-il, et là Noor rit encore un peu plus. On se croirait dans une comédie romantique où l'italien ténébreux fait tomber la riche italienne sous son charme en lui parlant des cigales et des citronniers, mais la vraie vie ça n'est pas un film, et Noor le sait depuis bien longtemps, alors elle se contente de rire. Jamais, elle, elle n'a contemplé les montagnes en se disant que ça lui suffisait ; si elle est en bas, elle doit la grimper, comme elle a tenté de le faire ce jour.

« Okay, well, maybe I should let you enjoy... this. » elle tend le bras derrière elle, désignant le même paysage aux teintes d'été.  « but I think you will be bored pretty soon. Try to have a conversation with the trees, maybe they will answer. » Balance Noor avec assurance, parce qu'elle est de celles qui prétendent avoir toujours raison. Elle se lève d'un bond, comme une mise en action de ses propos. Dressée devant lui, elle l'observe, jouant son rôle d'américaine dédaigneuse à merveille (au fond, elle sait qu'il n'attend que ça, chacun reste bien à sa place). « or maybe you would like to walk down with me ? » Ses lèvres se fendent d'un sourire, alors qu'elle attend les reproches imminents quant à ses précédents propos.

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Simone Marconi

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MessageSujet: Re: do i wanna know ? (noorone)   Mar 29 Mai - 10:19

il fait exprès de coller exactement au son ronronnant des cigales et des pierres qui roulent parfois le long de la colline, sous l'effet de son pied nerveux, tressautant. il fait exprès d'adopter cette posture rauque et solitaire, de se plier aux exigences de l'endroit, d'être le représentant imparfait et surjoué de son univers naturel. c'est les anciens qui l'ont dit, derrière ces casquettes élimées qu'ils portent en permanence sur le bout de leur nez brun, avec ces yeux qui vous transpercent à travers le tissu, qui ont toujours l'air de vous dire que vous n'êtes pas assez. dans le fond, simone était dévoué, un petit garçon dévoué à la cause de plus grands que lui, d'adultes qui auraient tout aussi bien pu décider de son sort quand il était venu au monde. qui avaient eu la décence d'attendre que son père y reste pour le jeter dans le grand bain d'eau froide.

les yeux qui traînaient avec langueur sur les lignes de ce rocher, simone soudain curieux ne pouvait s'empêcher de se demander à quoi ressemblait sa vie loin d'ici. si cette fille voyageait dans des voitures de luxe, de ces bagnoles rutilantes qui passent parfois à travers le village, souvenir imprécis et tape-à-l’œil d'un gamin du coin qui a réussi. si elle dormait dans des draps qui sentent toujours les fleurs fraîches, comme simone est presque sûr que ses cheveux embaument. il ne faut pas qu'il pense à ses cheveux, simone, parce qu'il y voit la blondeur du soleil et que ça l'agace de trouver chez elle quelque chose d'aussi noble. il se fixe à ce paysage comme un époux luttant contre une tentation infidèle, lui l'amant éternel des lieux, soudainement secoué d'un éclair de lumière à l'accent désagréable. il l'entend ricaner entre ses deux lèvres hautaine et jette vers elle un regard accusateur, plein d'une animosité à peine feinte.

elle se moque, cette belle femme, cette femme trop parfaite pour lui, pour eux tous, trop propre, trop étincelante, cet espèce de diamant bien taillé tombé au milieu des gravats. « Okay, well, maybe I should let you enjoy... this. » savamment, elle imite le moindre de ses gestes, tourne sa posture en ridicule et semble y arriver avec une facilité déconcertante. pour la première fois, simone se sent piquer au vif là où il n'aime pas être piqué. il laisse échapper une grimace. « but I think you will be bored pretty soon. Try to have a conversation with the trees, maybe they will answer. », elle se lève d'un coup, les mains qui traînent sur les hanches, le défiant de sa hauteur. c'est vrai qu'elle est grande, peut-être même autant que lui, elle ne doit pas être loin, simone n'a jamais fait partie des perches. pourquoi il se dit ça, d'un coup, pourquoi est-il en train d'évaluer ses possibilités, ses portes de sorties et surtout ses portes d'entrées ? il souffle, mécontent, pas sûr d'avoir tout saisi. il pourrait se contenter de jouer les idiots, lui balancer en italien des sonorités agressives et la laisser là. il réalise maintenant avec stupeur qu'il ne l'a jamais laissée là, mais surtout, qu'il n'en a jamais été question. « or maybe you would like to walk down with me ? »

il la considère. de haut en bas, de bas en haut. il oscille entre le mépris et l'abandon. le vent s'est fait plus doux, on dirait qu'il l'encourage et simone sait écouter dans sa nature lui parle. elle a beau ne pas comprendre, elle ne comprendra sans doute jamais mais quelque chose dans ces lignes saccadées d'un paysage italien chaleureux parlent à simone plus que tous les mots du monde. il se lève lui aussi brusquement. « fine » il marmonne dans un accent tranché, puis par sa gauche la contourne, dépasse sa silhouette tendue, s'engage en de grands pas sûrs et appuyés dans un petit chemin caillouteux qui descend. il va volontairement à un rythme qui lui parait soutenu : il sait qu'elle tentera de suivre, par orgueil et par crainte. elle se cassera les genoux, tant pis, il la portera sur son dos, tant pis si elle fait une demi-tête de plus que lui, il se dit qu'il n'y a rien qu'il ne puisse accomplir pour sauver son égo -ou séduire l'ennemi-.


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MessageSujet: Re: do i wanna know ? (noorone)   Jeu 31 Mai - 21:30

« Fine », il balance, avec cette même nonchalance, cet air lointain et cette voix grave, chantante presque malgré lui. Il prend son temps, avant de répondre. Cet homme, sans aucun doute, semble vivre dans un autre espace temporel ; de ceux où l'on peut s'accorder cinq minutes de silence, au chant des cigales, avant de lâcher un seul mot pour toute réponse définitive. Fine, il dit, contre tous les pronostics, arrachant à Noor un haussement de sourcils surpris, car elle ne l'attendait plus. Fine, enfin, il lui accorde le droit de marcher avec lui, qu'elle se félicite presque d'avoir réussi à obtenir, et elle garde le silence, avant qu'il ne change d'avis. Elle a envie de croire que c'est sa petite provocation qui a motivé sa décision, et non un sombre désir de lui nuire (on se perd vite, en montagne, dit-on ici). Il se lève, la contourne et la devance sur le chemin, tandis qu'elle se perd un instant dans la contemplation de sa silhouette robuste. Noor sur ses talons, la descente s'amorce, à un rythme plus soutenu qu'elle ne l'eut cru. Ils marchent ainsi, cinq minutes s'écoulent, puis dix, quinze. Tant bien que mal, elle le suit sur les chemins sinueux. Noor masque son inconfort et sa fatigue par un silence rare : elle se garde bien de parler, qu'il ne l'entende pas s'essouffler, surtout, qu'il ne perçoive pas l'effort surhumain qu'il lui demande.

Le chemin se fait de plus en plus escarpé, sous leurs pieds les cailloux se détachent. Noor finit par l'interpeller :
« Are you like, trying to kill me ? This looks more like a climbing wall than a path, I must say. » Il va se moquer d'elle, elle se dit, il va l'abandonner là, lui dire qu'elle est précieuse, et finir le trajet seul. Ce soir, au village, on rira bien de l'américaine coincée dans la montagne pendant des heures, entourée de serpents et de toutes sortes d'animaux sauvages. « If you didn't want me here, you could have just told me, at least I won't be about to die here. » Elle finit par lui dire, croisant les bras sur sa poitrine, contrariée. Chassez le naturel, il revient au galop : essayez de transformer Noor Cresta en grande randonneuse, et admirez le résultat.

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