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pensez à référencer vos personnages dans le repertori.
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 solo il tempo potrà dirlo (achille)

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Simone Marconi

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Pseudo : Louisette marmelade.
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MessageSujet: solo il tempo potrà dirlo (achille)   Jeu 19 Avr - 10:31

seul le temps pourra le dire. oui, seul le temps aura le pouvoir de réparer ce qui a été fêlé, seul le temps pourra un jour vous emmener de nouveau sur les bords du lac de garde, quand la nuit menace de tomber et qu'au bout des branches de votre arbre vous vous balancez dangereusement aussi. seul le temps sait refermer des plaies nombreuses qui en maculent l'écorce, quand au fil des années les enfants de passage ont voulu graver un petit bout d'éternité dans la chair de cet arbre. simone avait toujours détesté que l'on cherche ainsi à s'approprier des petits bouts de nature. il avait toujours détesté les gens qui récupèrent un coin de la plage pour eux, étalent toutes leurs petites affaires, serviettes en éponge rouge et blanche et tongs en plastique bleu, surveillant jalousement chaque coin de leur territoire jusqu'à ce qu'un malheureux ne lève le pied un peu trop vite, un peu trop fort, jusqu'à laisser tomber quelques grains de sable là où il ne fallait pas. il concevait la nature comme indomptable, à peine tolérante envers certains humains parasites, aussi il aimait surtout s'y confronter lorsqu'elle lui semblait la plus inhospitalière, couverte d'une neige dure, ou sous un vent coriace.

en revanche, simone n'aimait pas le port. il n'aimait pas ces odeurs persistantes de vase et de café froid, celle qui collait à la peau de tous les pêcheurs du lac, douche après douche, sûrement pour toute une vie. il n'aimait pas ces dalles chaudes sur lesquelles on avait parfois abandonné un vieux cornet de glace ou un mégot de cigarette, juste parce qu'on passait là et que malcesine serait sinon bien trop belle. mais il n'aimait pas le port surtout pour ces bruits constants, ces rires gras ou les caprices de quelques enfants de touristes abandonnés là avec des larmes sales sur les joues. il n'aimait pas le bruit des verres à l'heure de l'apéro, le concert d'une joie faussement naturelle, celui qui se répétait sur les murs chauds qui encadraient l'endroit, dans un écho grossier. il n'aimait pas le port mais il voyait s'en profiler les contours à mesure qu'il avançait, laissant la nuit tenter d'apaiser ses appréhensions. il faisait frais, encore, et il avait bon espoir que les lieux se soient vidés de ses occupants, car si les italiens parlaient beaucoup, simone n'en connaissait guère de très courageux.

au bout du ponton les jambes se balançant au vide, il vit cette silhouette se détacher dans les lumières fades de la nuit. achille ouvrait à l'instant sa deuxième bière, aussi simone se permit de ralentir le pas, constatant qu'il n'était pas aussi en retard qu'il le croyait. pour tout dire, cette rencontre l'inquiétait. il s'inquiétait de voir se retourner sur lui un visage devenu vide, des yeux qui le fixeraient comme ceux des poissons qui terminent ici leur vie. oui, des yeux de poisson mort pour un meilleur ami parti en fumée entre les murs d'une prison. depuis son retour, simone s'imaginait sans cesse qu'il allait rencontrer un inconnu, quelqu'un à qui il n'aurait plus rien à dire, un achille délesté de son âme. il a peur, maintenant, ou bien c'est ce petit vent qui se lève pour le faire frissonner ? sans dire un mot, simone se glisse à côté d'achille. lui aussi, il laisse tomber ses jambes dans le vide. lui aussi, il baisse les yeux vers les bières qui traînent là, dernier remparts entre deux amis voués l'un à l'autre pour la vie. il en prend une, elle est tiède, il se dit qu'elle pourrait être le reflet de cette entrevue, mais il le garde pour lui.

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❝ nel vento soffia la tempesta ❞ envoyez lui son bon souvenir elle vous dira qu'elle s'en fout, qu'il faillait pas la faire languir en la couvrant de mots doux, son coeur avait déjà pris la mer alors qu'il lui confessait que jamais rien d'autre qu'un navire ne l'avait fait voyager.
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MessageSujet: Re: solo il tempo potrà dirlo (achille)   Jeu 19 Avr - 12:09


les pieds qui battent le vent, traversent le vide incessamment. ivre d'inquiétude, tes mains jouent nerveusement sur le bois du ponton. tapent sur la bouteille de bière qui repose à tes côtés, sur le rythme d'une chanson endiablée dont tu as oublié le nom. bella ciao. parce que tu voudrais hurler à la révolution, tout changer. autant que possible, pour que tout redevienne comme avant. mais c'est bête non? c'pas possible achille, ferme ta gueule. c'est pour le mieux. la chaleur ambiante te conforte dans ta solitude, deuxième bière que tu ouvres. tu portes la bouteille de verre à tes lèvres et en boit le liquide salvateur, ta seule amie ce soir. enfin. si l'on en oublie simone. mais tu es perdu, tu ne l'as pas revu. tu ne l'as pas vu depuis huit mois, depuis la prison à dire vrai. tu viens seulement de rentrer. de remettre les pieds dans malcesine, avide du grand air. tu n'as pas vu grand monde ces derniers jours, seulement tes frères et sœurs, le reste de ta famille. tu as contemplé malcesine dans toute sa splendeur, te confrontant trop rapidement au flot de chuchots sur ton passage. tu y es monté. au monte baldo, l'un de tes endroits préférés de ton hameau. parce que tu y es tranquille, seul. éloigné de tous ces problèmes. aussi futiles soient-il.

mais tu dois à présent te confronter à la dure réalité, adieu mielleuse nébuleuse qui confortait tes journées depuis ton retour. quatre jours sont passés. seulement 96 heures que tu as recommencé à fouler les rues pavées de malcesine, que tu as retrouvé ta famille, tout. mais tu appréhendes. parce que tu ne sais pas ce qu'il reste de ta relation avec simone. il a dû refaire sa vie, c'est certain. trouvé quelqu'un pour te remplacer, même. tu en es presque sûr, douce fatalité qui ronge ton épiderme. et des pas se font retentir sur le bois, et cela te laisse un goût de nostalgie, encore trop habitué au claquement des pieds contre l'asphalte, contre le béton. tu n'as connu que ça pendant huit mois, adieu soleil, liberté dont tu ne jouissais que pendant quelques minutes par jour. enfermement, isolement total. parce que tu l'étais, seul. placé à l'isoloir à peine as-tu mis un pied dans cette prison, seul pendant des mois. tu ne sais pas comment tu as fais pour garder une simple esquisse de santé mentale. tu aurais pu devenir fou oui. c'est certain achille. à la place tu n'es plus qu'un solitaire, perdu dans sa malcesine. handicapé des relations humaines. mais seul le temps peut arranger ces dommages. sans un mot, il se glisse à tes côtés. tu avais oublié à quel point sa présence était rassurante, réconfortante. apaisante même. il t'as manqué simone, c'est plus qu'une évidence à présent. "hey vieux." tu glisses simplement, la voix brisée par le manque de paroles. tu n'as plus l'habitude de parler, tu n'es plus le moulin à paroles que tu étais autrefois. et tu t'autorises, juste l'espace de quelques secondes, à le regarder. un petit sourire, cette éternelle mélancolie qui te hante alors que t'as les yeux rouges, vaisseaux pétés par la marie-jeanne et le manque de sommeil, insomnies trop présentes.



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Simone Marconi

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MessageSujet: Re: solo il tempo potrà dirlo (achille)   Jeu 19 Avr - 17:49

"hey vieux." il sort de sa petite bouche contrariée quand simone entame (un peu trop vite) sa bière tiède. il n'est même pas sûr d'aimer la bière, encore moins quand elle est comme ça, son père à simone il buvait trop et depuis il a lui-même du mal, il boit plus par convention que par envie, bien souvent. les villages étant ce qu'ils sont, l'image d'un homme italien l'étant encore plus, simone porte le goulot de la bière à ses lèvres sans se faire prier, car depuis toujours, lui comme l'homme qui est assis à ses côtés ont été élevés à prendre soin des apparences. c'est là toute l'ambiguité des italiens, des vrais, de ceux qui préfèreront toujours voir l'intégralité de leur sang se répandre sur le sol avant d'avouer qu'ils ont mal. c'est là que l'on reconnaît ces visages élevés par le soleil et les vieilles pierres ; ce subtil et inconcevable mélange d'hypocrisie et de grande gueule, l'art de tout dire, à la volée, à la criée, à tout le monde, tout en gardant les pires secrets pour soi. l'art du caché dans l'impudique, du silencieux dans ce monde qui gueule.

voilà encore que simone plonge à corps perdu dans des pensées qui ne le mèneront nulle part. "hey vieux.", a dit achille, et c'est vrai que tout à coup, il se sent vieux. simone n'a pas changé, quand il se regarde dans la glace, il a toujours ces mêmes cernes qui mangent son visage brun, il a toujours ces cheveux qui ne tiennent jamais tout seul, ces petits bras secs qui mangent, adulent et caressent le bois. mais c'est quand il sonde son âme qu'il réalise que tout au contraire a été perdu dans les nuages qui passent au dessus du village, filant vers les hauteur, emportant situations grotesques et véritables drames humains. il se sent vieux d'avoir déjà tant vécu, vieux d'avoir perdu, retrouvé, admiré, aimé, désiré des êtres qui n'ont pas ou plus voulu de lui. il est loin de s'imaginer qu'achille peut ressentir la même chose, là-bas dans son coeur qui techniquement n'est plus si loin. loin de s'imaginer qu'entouré des plus bruyantes personnes de la planète, on peut se sentir aussi seul.

"hey vieux." , il a dit depuis déjà plusieurs minutes, et il faut qu'il réponde, simone. il faut qu'il dise quelque chose mais ses lèvres restent étrangement closes, comme effrayées de ce qu'elles pourraient sortir, soudain. effrayées d'en dire trop ou pas assez, de décevoir un peu comme toujours.  hey, il sort d'une voix un peu éraillée parce qu'il a trop fumé ces derniers temps, porté par la colère ou l'ennui. il se racle la gorge pour masque le silence qui a suivi. tu... il essaye d'enchainer, simone, parce qu'il sait que c'est le silence qui vous rongera le plus vite mais il ne sait plus quoi dire, déjà, et il évite soigneusement de l'observer, résistant à la tentation de détailler ses traits, ceux qu'il n'a pas vu depuis plus de huit mois. comment vas-tu ? il souffle à demi-mots, il a réussi à sortir quelque chose et c'est déjà bien, alors il s'accorde une nouvelle gorgée de bière, même tiède, pour l'effort.

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MessageSujet: Re: solo il tempo potrà dirlo (achille)   Ven 20 Avr - 15:43


hey. voix éraillée qui vient briser le silence comme un marteau qui s'abat sur la pierre, bruit quotidien, douce mélodie à tes oreilles sensibles au moindre bruit. transition brutale. t'oses pas le regarder, tu ne t'y es risqué que quelques secondes. secondes malheureuses, ou heureuses. tu sais pas trop, tu sais plus trop. tu sais pas s'il a changé simone. toujours la même gueule de p'tit con, la même que t'as laissée il y a plusieurs mois. mais à l'intérieur, tu vois pas. t'malheureusement pas équipé d'une sonde, d'un radar ou d'une quelconque connerie du même type. tu sais pas s'il est le même simone qu'à ton départ. tu sais pas ce que tu vas retrouver, tu sais pas l'étendue de tes pertes. mais t'as pas répondu. t'as pas dit un mot, pas prononcé la moindre syllabe après son hey. malheureuse petite salutation à tes yeux, parce que toi t'as au moins pris la peine d'ajouter un vieux derrière, fais des efforts pour une fois simone putain. tu t'énerves tout seul. t'es con un peu achille. lourdes cicatrices de ton isolement, t'avais personne avec qui discuter. alors tu te parlais à toi-même. tu t'demandes des fois si t'es pas devenu schizophrène dans la chute aux enfers, après la gamine bipolaire, le gosse schizo. mais plaisanter avec les maladies mentales, c'pas bien. tu le sais achille. tu souffres toi aussi. t'as toujours souffert en silence.

comment vas-tu ? c'est une bonne question ça. achille, comment tu vas ? t'aurais préféré lui demander à lui, avant. t'aurais eu l'air moins con, parce que tu sais pas quoi lui répondre. tu sais pas quoi répondre, bordel. tu sais même pas si tu vas bien ou pas. t'es juste un peu trop paumé au fond. et ça t'tues. t'étais bien avant, le petit prodige de la famille. champion d'athlétisme dans ta jeunesse, une carrière promise dans la cuisine. t'étais même cuisinier dans un restaurant de ton hameau. mais, paf! et tout s'écroule autour de toi. et tu ne peux qu'observer la chute, contempler l'horreur. "j'sais pas. tu dis simplement, une nouvelle gorgée qui vient couler le long de ton œsophage. "j'sais pas ce qui est mieux. l'isolement en taule ou le bruit des insultes dans mon dos ? que tu dis, cynisme légendaire. parce que tu l'as toujours été, mais encore plus depuis ton retour. tu te mordilles la lèvre inférieure, nervosité qui coule de toutes tes pores. "et toi, simo ?" c'est symbolique. vieux surnom, tu l'as toujours appelé comme ça simone. t'espères peut-être récupérer ton vieux pote, ton partenaire de toujours. peu importe les épreuves, vous avez tout traversé. ensemble.


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MessageSujet: Re: solo il tempo potrà dirlo (achille)   Mer 25 Avr - 12:43

s'il reprend aussi lentement son souffle simone, c'est parce qu'au fond il sait. il sait que de cette conversation, personne ne ressortira indemne, peu importe le nombre de bières ou le nombre de silence, peu importe le nombre de centimètres qui se placent entre vous, distance légitime à vous rappeler qu'une amitié qui prend le large peut être parfois aussi douloureusement vécue qu'un amour difficile. en fait, on dirait même qu'il respire à peine simone, n'osant pas brusquer ce silence, qu'il trouve morbide, et en même temps plein de tendresse. de la tendresse, ça, il en a toujours eu. c'est juste qu'ici, à malcesine, ici, en italie, ici, dans ce monde imparfait, on ne se le montre pas. il aurait voulu prendre achille dans ses bras avant qu'il ne disparaisse, il se rend compte aujourd'hui qu'il est un peu trop tard pour que sa tendresse continue d'exister. même quand il boit, et il le fait vite, happé par l'envie d'être éméché et loin de ses responsabilités, on dirait que simone n'est pas là. aucun son ne passe par le filtre de sa gorge nouée, c'est comme s'engouffrer dans un tunnel donc la porte se referme brusquement. noir complet, plus d'issue. il n'a toujours pas regardé à la clarté d'une lune toute ronde aux traits malheureux le visage d'achille qui se tend vers l'horizon. il n'y arrive pas, simone, chaque fois qu'il essaye, il est pris d'une angoisse silencieuse, c'est à dire l'une des pires, de ces angoisses qui restent accrochées aux parois de votre estomac, qui s'installent dans vos entrailles parce qu'il y fait chaud, parce que c'est pratique. j'sais pas. il l'entend rompre l'air comme ça. c'est une bonne nouvelle, ça, parce que simone, il sait pas non plus. pire : il ne sait pas si ça ira bien un jour, alors que dire qu'aujourd'hui. j'sais pas ce qui est mieux. l'isolement en taule ou le bruit des insultes dans mon dos ? simone baisse les yeux. il ressent dans sa chair le contraste qu'endure achille, prisonnier entre le choix du silence et du vacarme, longtemps tellement seul qu'il devait entendre son cerveau partir en vrille, aujourd'hui traqué par des langues trop bien pendues. même sa mère, à simone, elle a émit l'idée : l'idée qu'on ne puisse plus se fier à la seule personne en qui simone avait juré d'avoir une éternelle confiance. il a honte, d'avoir capté ces mots sortant de la bouche rieuse de sa mère, honte alors il baisse la tête, le corps tout entier on dirait, il est ratatiné sur sa bière désormais. et toi, simo ? c'est comme ça qu'il l'a regardé. parce qu'il cherchait son chemin au sol et que d'un coup, le seul mot qu'il avait envie d'entendre a pulsé dans l'air. simo. simo et ach, ach et simo, un duo imparfait, caractériel mais unique. c'est comme ça qu'il a levé les yeux sur les siens, pour la première fois depuis son arrivée. la première fois depuis des mois. il avait les yeux rouges, ach, il savait sans le demander qu'il avait fumé. il avait les joues pâles, ach, il savait sans chercher qu'il était mal. mais surtout, il avait ces lèvres tristes, ach, de celles qui ne savent plus comment parler. simone réprima une grimace. ach... il murmurait, ces deux surnoms perdus dans la nuit comme autant de promesses inachevées. j'suis désolé. il avouait enfin, à demi-mots, les yeux tristes. j'suis désolé pour les commérages et le reste. difficile, de prendre l'entière responsabilité. pas encore, pas avant une autre bière. la première ? terminée, oubliée, il laisse la bouteille vide rouler contre sa cuisse. la deuxième ? elle lui semble essentielle, il voudrait l'avaler d'une traite, nécessaire accessoire à son courage manquant.

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MessageSujet: Re: solo il tempo potrà dirlo (achille)   Sam 28 Avr - 12:25

ironique n'est-ce pas ? silence, synonyme de paix pour certains, qu'elle soit intérieure ou extérieure. mais c'était tout le contraire dans ta tête, bruyant vacarme qui sifflait à tes oreilles. loin de la douce mélodie enivrante que l'on peut écouter à l'opéra, ou même dans la rue, si l'on a la chance de croiser un musicien empli de talent. mais c'était tout le contraire, loin de l'harmonie jouée sur une harpe, cordes vibrantes. bruit emplissant tout l'air, tout l'espace disponible, torse compressé. comment respirer ? une question à laquelle tu as cherché une réponse avec désespoir pendant des mois et des mois. minutes qui se transforment en heures et secondes qui deviennent des minutes. sifflement perpétuel aux oreilles, battement régulier d'une matraque contre les carreaux de fer environnants. solitude amère et complète. mais quand tu l'écoutes, tu sens ce bruit revenir. habitude certaine, tu les entends. tic, tic, tic! ils résonnent sur les parois, emplissent tout l'espace dans ton esprit. ne te laisse plus aucune place pour penser, pas même pour respirer. et tu penses à plaquer tes mains sur tes oreilles, hurler à ces tintements d'arrêter. te recroqueviller, comme tu avais si bien l'habitude de le faire. hurlements qui venaient briser le silence carcéral. cercle vicieux, répétition constante. nerfs mis à rude épreuve, comment survivre ? comment ne pas se foutre en l'air, aller récupérer un d'ces couteaux qui rentrent dans l'enceinte de la prison, comment ne pas se faire exploser la cervelle avec l'un de ces pistolets cachés sous l'oreiller ? amère protection, douce délivrance.

silence méthodique qui vient fendre l'air, sonner comme un repos éternel à tes oreilles. parce qu'il n'est pas bruyant celui-là. le seul tintement qui atteint tes oreilles est celui des bouteilles, le seul chant qui te parvient est celui des oiseaux. ach... ton échine se courbe avant même que tu ne t'en rendes compte, parce que ç'a toujours été ton surnom quand il était question de simone. le plus courant, le moins recherché sans doute. simplicité qui dénote d'achille, prénom lourd de conséquences, le bouffon grec de la famille comme tu aimais plaisanter devant les autres. sans même avouer que c'était une véritable souffrance, éloignement certain de la fratrie penrose, unis par la divinité romaine. exclu par l'hellénisme encore trop présent. alias révélateur de tant de choses, mensonge ardent. loin des prouesses du demi-dieu antique, loin de son éclat. tu n'es qu'une étoile en fin de vie, celle qui a perdu toute sa lumière. j'suis désolé qu'il prononce, à demi-mots. tu l'vois son regard, triste. mais soudain il y a cette pensée amère, destructrice qui vient hanter ton esprit. lui aussi ? pas toi simo, non pas toi. m'dit pas que toi aussi tu as fais parti de ces commérages. me dit pas que t'as autant changé, me dit pas que tu as alimenté toutes ces tendances à mon sujet ? sciure intérieure, scission qui vient séparer l'artère gauche de l'artère droite de ton palpitant, déception à l'idée qu'il ait pu faire parti de toutes ces horreurs qui pointe le bout de son nez.  j'suis désolé pour les commérages et le reste. pas de haine, aucune envie de vengeance. juste un fardeau qui s'alourdit sur tes épaules, l'éreintante envie de plonger dans le port et de ne jamais en ressortir, s'y laisser mourir. noyé. t'aurais peut-être dû le faire, au final. porter le pistolet contre tes lèvres, sous ta gorge. laisser ton doigt appuyer sur la gâchette, synonyme de paix. peut-être que tu aurais dû laisser ton sang éclabousser les murs de ta cellule. "alors tu les as nourries toi aussi ? toutes ces conneries." sourire triste, yeux vides. vitreux, sans aucune émotions. artères pétées, le rouge qui vient inonder tes pupilles. "quel reste, simo ?" voix tremblante, pas sûr de vouloir découvrir la vérité. mais comment pourrais-tu lui en vouloir ? parce que ç'a toujours été simo et ach, le duo de malcesine. ton seul véritable ami depuis toujours. parce que c'était lui. parce que c'était moi.

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MessageSujet: Re: solo il tempo potrà dirlo (achille)   Mer 16 Mai - 17:00

y'a la capsule qui s'éjecte presque seule, dans un pschitt qui n'est pas discret, mais un bruit hasardeux lancé aux souffrances de la nuit. prend ça, mélancolie, tu m'en remettras une avec, et sache que j'ai pas peur de l'ennui. pourtant dieu sait qu'il en avait peur, simone. qu'il avait peur de ces images floues et lointaines qui trainaient dans les yeux explosés de ach, peur de ces captures, témoignages en noir et blanc de moments qui n'étaient que gris. cette capsule elle pourrait tomber dans l'eau douce et clapotante du port, tomber dans cette masse sombre, rassurante parce qu'on pourrait y planter les pieds et les voir disparaître, qu'on pourrait même y tendre la jambe et ne plus exister, que bientôt on y serait tout entier et que tout irait bien. mais elle tombe derrière vous, cette capsule, elle heurte avec fracas les dalles du port, elle laisse derrière elle un petit bruit métallique qui résonne dans les oreilles. elle pourrait promettre de doux moments, des rires et des confidences. mais si cette capsule avait voulu bien faire, elle serait tombée dans l'eau.

dans ses pupilles voguent des fantômes. il l'a vu, en quelques secondes seulement, il a vu que du noir de ses yeux on voit le blanc des spectres qu'il a croisé. il a eu comme un frisson, un de ceux qui partent du haut de la nuque, pile à la naissance des cheveux. comme quand on a froid ou qu'on sait que rien n'ira bien. il ne sait pas simone ce qu'il fait avec ses fantômes. il ne sait même pas si c'est les siens, ou si quelqu'un lui a refilé ses propres foutus fantômes, et puis tout à coup alors qu'un liquide de plus en plus dégueulasse lui coule dans l’œsophage, il se demande si lui aussi, il a des fantômes derrière les paupières.

s'il avait choisi de faire autre chose que se préoccuper de sa petite gueule, il aurait vu. il aurait vu, d'un battement de cil, d'un demi tour à droite d'à peine trente-cinq degrés, vu qu'achille était au bout. qu'il tiendrait pas longtemps, à respirer cet air pourri à l'intérieur de ses poumons, à voir tout rouge parce que le sang s'accumule et commence à noyer son coeur. il aurait vu que les fantômes dans le noir de ses yeux étaient en train de s'énerver, de paniquer, de croire à des choses qui ne sont pas vraies. il voulait juste s'excuser simone, vite fait bien fait, pardon d'avoir été un con et puis on recommence. c'est sincère dans le fond, il aurait été là, prêt à l'épauler le achille, à lui trouver un petit coin pour se poser, un petit travail tranquille et même pourquoi pas une petite du coin. il l'aurait aidé, mais à fermer les yeux, aidé à faire taire les fantômes sans qu'ils ne disparaissent pour autant. pour ça, il n'avait pas de solution. "alors tu les as nourries toi aussi ? toutes ces conneries." ses lèvres se tendent dans un sourire anxieux, c'est plus qu'il a l'air habité achille, maintenant on dirait qu'il est à moitié fou. lentement, simone pose sa bière contre lui, calée dans un trou qui creuse la pierre, les yeux qui remontent vers les fantômes. il n'a pas peur des fantômes : il préfère juste quand ils se taisent.

"quel reste, simo ?" il sent que sa voix se barre en couille, il n'a rien fait pour empêcher ça, il est las déjà d'avoir à réparer ce qu'il vient de dire. une énorme connerie, pour ne pas changer. il tente une approche douce, il l'observe dans les yeux même si ça s'agite et que ça le dérange. j'ai rien dit à personne, achille. j'avais rien à dire, de toute façon. je sais rien, et j'me serais pas permis. il glisse lentement, avec ces voix qui se veulent convaincantes trop vite, empressées d'en finir. quand j'parle du reste, je veux dire.... mais sa voix aussi décidée soit-elle, elle finit par se perdre. elle est montée un peu trop haut dans ce ciel brumeux qui plombe malcesine. je parle du silence. de pas être venu. de pas avoir téléphoné. il dit beaucoup plus bas, avec sa main écorchée qui se raccroche à cette bouteille de bière, avec ces ongles gris qui se referment sur le matériau lisse, observant le liquide danser à l'intérieur des parois teintées.

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