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pensez à référencer vos personnages dans le repertori.
Cela vaut également pour les scénarios et préliens que vous créez, ne les oubliez pas!


merci de privilégier les personnages studiosi !


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 par hasard // annibale

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Cosima Wolf

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Pseudo : mélissa (metronomy)
Avatar : romy + metronomy
Occupation : elle mange des fruits qu’elle cueille dans le jardin de papy. elle déambule dans les rues pavées à défaut d’étudier, elle arrête de penser au moins jusqu’à la fin de l’été.

MessageSujet: par hasard // annibale   Mer 9 Mai - 23:14


PAR HASARD.
annibale x cosima

comme un tournesol attiré par les premiers rayons du soleil,
cosima commence à réapparaître, lentement, doucement, à son rythme.
le printemps et des indices d'une éclosion qui ne saurait tarder
le printemps et de la patience.

cosima s'anime sous les regards bienveillants de nonna et papy,
et commence à remplir le vide en elle.
elle est assise à la table de la cuisine, celle pour la colazione
elle mange peu mais toujours plus qu'avant son arrivée.
un jus de pamplemousse en attendant les pêches,
un peu de yaourt nature et un quart de brioche
pas grand chose en somme.

un joli tableau,
nonna qui prépare des cornettos
papy qui lit son journal et boit son cappucino
et le silence rassurant de la cuisine.
il est huit heures.

elle a passé beaucoup de temps durant le mois d'avril,
à rester dans la maison du bonheur
à dessiner, ou à aider dans le verger
mais très peu à arpenter les rues du centre ville
peut-être une ou deux fois et toujours accompagnée,
d'adamo et pour lui faire plaisir.

la voix grave de papy qui brise le silence
'ma petite cosima, pourrais-tu aller me chercher un livre que j'ai commandé à la librairie?'
son estomac qui se serre. vraiment papy? y'a personne d'autre?
elle regarde sa grand-mère du coin de l'oeil qui reste de dos alors son regard se dirige vers celui de son grand-père
'd'accord'
quand elle le regarde, elle a l'impression de voir sa mère
elle lui manque
'grazie mille, tu pourras y aller après la colazione'
cosima est plus volubile, habituellement,
mais en ce moment, la faire parler c'est plus compliqué
'quel est ce livre?'
un livre sur l'italie
il l'aime son pays, papy.

cosima débarrasse sa table et nettoie derrière elle.
parce que ce n'est pas un hôtel ici.
elle dépose un baiser sur la joue de sa nonna qui lui rend un sourire
'le pranzo est servi à midi, ne sois pas en retard'
avant l'heure ce n'est pas l'heure,
après l'heure ce n'est plus l'heure,
à vous d'être à l'heure.
elle lui répète l'horaire du déjeuner comme si cosima allait s'éterniser en ville.
l'idée lui fit esquisser un léger sourire en coin.

se laver les dents,
se coiffer de deux tresses collés,
de chaque côté
et s'habiller,
d'un jean
d’un t-shirt blanc
et d’une marinière en guise de pull.

elle attrape son sac à dos en cuir,
puis le livre qu'elle est en train de lire
milan kundera, en allemand, parce qu'elle trouvait cela réconfortant
'ci vediamo dopo!'

elle prend sa bicyclette,
et elle pédale jusqu'au centre ville
pour aller chercher la commande de papy
et quelques larmes qui coulent le long de ses joues,
sans vraiment comprendre pourquoi.
elle s'essuie rapidement, pour effacer toutes les preuves.

la porte de la librairie est fermée,
elle n’ouvre qu’à dix heures,
il ne lui reste plus qu’à errer dans les rues de malcesine,
prêtent à se faire envahir par la foule.

alors pour ne pas être emportée par la foule,
cosima se dirige vers le caffe alla rosa
comme avant,
pour passer le temps.

elle attache son vélo,
et se dirige vers une table libre,
elle pose son sac
souffle
la vie est nulle
elle pourrait être dans le salon tranquillement mais non, vraiment merci papy, merci.

‘elle veut quoi la demoiselle?’
‘una cioccolata, per favore’


elle sort son livre et commence à lire
pour que dix heures sonne vite.

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Annibale Calvi
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Avatar : alessio boni ft. schizophrenic
Occupation : archéologue/mystique
Notes :

ELETTRA l COSIMA l JANUS l COCO

MessageSujet: Re: par hasard // annibale   Sam 9 Juin - 20:49



if every angel's terrible
then why do you welcome them?
you say you'll provide the birdbath
if I provide the skin
and bathing in the moonlight
i'm to tremble like a kitten

cocorosie


Je méprise l'image romancée du junkie misérable qui se détruit par envie de trop toujours trop encore plus trop
Je suis un addict complet devant l'éternel, j'en suis conscient, je ne nie ni ne refoule rien
mais
il est possible d'être archi dépendant avec élégance.
Il est possible d'être un archi dépendant sain.
D'aucuns se mettraient déjà à hurler mais je le proclame : ouais, je suis un junkie responsable et SAIN. Je ne me lève jamais après neuf heures du matin, ça ressemble même plutôt à sept heures, toujours, et ce peu importe l'heure de crash de mon trip de la veille. Peu importe si je suis toujours en trip. Toujours aux environs de sept heures ma paupière s'offre à la lumière montante. Et ce soleil nouveau chaque matin, je l'accueille soit comme une éternelle possibilité de recommencement, soit comme une nouvelle preuve d'échec de mes tentatives d'atteindre l'Au-dessus.
C'est un loto aux entrées très restreintes, ouais. C'est le pile ou face de la journée.
Heureusement pour moi, c'est souvent plus pile que face et quand bien même c'est face je suis pas du genre à me languir dans mes échecs j'aurais autrement cessé ma quête depuis bien longtemps. C'est positivement impossible de ne pas croire au père noël tous les matins quand on vise quelque chose d'aussi énorme. T'es forcé de devenir un éternel optimiste et ça te fait même plus gerber parce que la cause pour laquelle tu abandonnes l'orgueil d'être un râleur blasé est trop haute, trop belle, te tiens trop à coeur. La marche à l'étoile.

Ce matin pile ouais pile youpi pile le premier rayon de soleil vient me surprendre étalé sur le parquet de ma chambre, habillé, un crayon à la main. Je fouille autour de moi du regard pour trouver où j'ai pu y poser la mine. Il y a trois feuilles qui jointes composent un seul et même dessin. Les restes d'opium d'il y a deux jours maintenant (quand je prends des pauses sur le chantier ils sont persuadés que c'est parce que je suis tellement famous que je fais des interviews, je n'ai même pas besoin d'inventer d'excuses, jamais vu aussi idéal) appuient sur le dessus de mes yeux, dans le creux de la paupière, et naviguent en allers-retours le long de mes tempes. Ce n'est pas désagréable. Ce n'est pas comme une gueule de bois vulgaire, ça ressemblerait presque à un massage.
Il faut dire à la décharge de tous les contes d'horreurs qu'on entend sur la drogue que mon corps a une résistance d'autant plus anormale aux substances depuis mon réveil du coma. C'est comme si quelque chose était venu se modifier, s'ouvrir à l'intérieur. Si j'avais essayé l'opium avant peut être que je serais devenu le sale junkie que j'évoquais plus tôt. Probablement. L'ayahuesca aussi, envahisseuse d'un cerveau en pleine récupération, a probablement aidé à fabriquer ce terrain propice. Je n'en sais rien, je ne suis pas scientifique et je m'en fous. Juste, je profite.
Ces dessins-là, non, non, je ne veux pas les assembler tout de suite. Mon cerveau pourtant résistant ne manque pas à la règle de tout bon italien qui se respecte : il lui faut un café avant de pouvoir démarrer une quelconque conversation. Ils infuseront plus tard. Rien ne presse. Tout peut durer l'infini sur un chemin aussi long qui ne permet aucune impatience.

Même dans un petit village comme Malcesine on peut observer une forme de ballet urbain. Quand je sors vers sept heures et demie du matin, ce qui arrive à peu près tous les jours, lunettes de soleil vissées sur le nez car mon corps a beau être amant particulier de la drogue il n'en subit pas moins certaines marques - les cernes, les yeux anormalement vitreux, les rues sont désertes. Je promène ma carcasse qui se hérisse comme le dos d'un chat qu'aucun café n'ouvre avant huit heures, je déambule dans le vide un peu frais d'une chaude journée qui s'annonce, je commence à connaître par coeur Malcesine, sans doute mieux que les locaux car qui continue d'observer vraiment l'endroit où il vit ?
Le premier café qui s'ouvre, je m'y précipite. Le premier café qui s'ouvre, généralement, c'est Alla Rosa. Ils me connaissent et je crois que je les fais rire. Vu leurs gueules quand ils relèvent le rideau de fer qui est pire que la mienne malgré tous ses excès, ils aimeraient probablement aussi que je finisse par faire l'ouverture à leur place, tant qu'à faire.
Ensuite, vers dix heures, Malcesine s'éveille et le choeur de ballet se met en place. Touristes, ouvriers locaux, locaux tout court, ça grouille avance ça va quelque part.
Et comme d'habitude, sans quand il y a des percées spectaculaires sur le chantier, je vais rester en terrasse à peu près jusqu'au déjeuner. Les chantiers le matin ne m'ont jamais trop inspiré. J'ai mon carnet dans la poche intérieure de ma veste, pour l'instant il n'est pas question de m'y plonger. Je lui préfère un exemplaire de Zola en français, parce que c'est factuel, parce que c'est presque scientifique à la fois, et que je ne vois rien de mieux dans ma bibliothèque de voyage pour me remettre les idées en place.

J'ai presque fini l'ouvrage près de deux heures plus tard quand une jeune femme s'installe à deux tables devant moi sur la terrasse. Elle est face à moi sans me voir, elle est toute jeune, elle aussi sort un livre et pourtant son visage ne semble pas refléter un bien être matinal qu'on célèbre par un doux moment de lecture. Je m'aperçois relativement vite (le cerveau est en train de me revenir, trois ristrettos plus tard) qu'elle lit en allemand. Et ni une ni deux, entre son visage qui semble asséché par des larmes anciennes et la possibilité de parler autre chose que l'italien, je crève d'envie d'aller la voir.
La suite n'a rien de surprenant : je me lève donc pour aller m'asseoir vraiment en face d'elle, à sa table.
J'aimerais enlever mes lunettes de soleil j'aurais l'air moins étrange et dérangeant, je la vois bien l'image de moi en vision subjective, le mec qui a la trentaine une sacrée dégaine et des lunettes de soleil qui aborde une jeunette sans défense en pleine matinée alors qu'il n'y a pas grand monde. Mais il faut accepter la faible contrepartie de mon addiction tolérante et je les garde : j'aurais l'air pire sans.
Bonjour ? Pardon je ne cherche pas à vous emmerder il faut me dire si c'est le cas n'est-ce pas j'ai juste vu Kundera j'ai eu envie de parler autre chose que l'italien. dit-il doucement, le tout accompagné d'un sourire avenant pour montrer patte blanche, en un allemand parfait, presque sans accent. Et puis il tend la main. Annibale.

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