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pensez à référencer vos personnages dans le repertori.
Cela vaut également pour les scénarios et préliens que vous créez, ne les oubliez pas!


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 les yeux revolver (janus)

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Baltazar Salerno

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MessageSujet: les yeux revolver (janus)   Mar 15 Mai - 9:19

un peu largué, un peu seul sur la terre. les mains tendues, les cheveux en arrière, et j'aime ça. à faire l'amour sur des malentendus, on vit toujours des moments défendus c'est comme ça. il a les yeux revolver.

LAC DE GARDE, UN APRES-MIDI partiellement nuageux, surtout très ensoleillé. Le front qui suinte, les paumes moites et les tongs qui claquent sur la roche. L'esprit ailleurs, le coeur également. Tu marches sans savoir où exactement, tu t'en moques bien. L'important n'étant sans doute pas la destination mais l'absence. Quitter la maison familiale, oublier la mère un peu trop intrusive ces derniers temps et la femme qui se languit d'une Allemagne que tu voudrais abandonner. Retour aux sources, tremper les pieds dans l'eau froide et observer la nature qui se réveille doucement. Entendre chanter les oiseaux, sentir le vent qui caresse ta peau et allumer une cigarette en toute impunité. Loin des affres de la ville, du boucan du monde et du chaos environnant. N'être seul que pour profiter d'un instant privilégié pendant lequel, tenant contre toi un calepin qui ne t'abandonne jamais, tu pourras sans doute tenter de dessiner quelque chose. Peindre, une obsession qui revient, qui ne te quitte plus. Comme l'envie douce-amère de renouer avec l'adolescent que tu as perdu le jour où tu as accepté de te noyer dans les désirs de ton patriarche. N'être plus qu'un Salerno sans être Baltazar. Passer outre les branchages, surmonter les rochers plus hauts et finalement atterrir près d'une crique. Te sentir plus vivant que jamais tu ne l'avais encore été quand tu réalises que tu es seul, enfin.
Lever les yeux au ciel, apprécier le silence et reprendre ton souffle. Tu as marché quoi ? Une heure ? Deux ? Tu l'ignores, tu t'en moques encore. Tu avances d'un pas, à nouveau. Tu reprends ta course, tu longes l'eau jusqu'à t'arrêter net. L'espoir qui disparait et la réalité qui te rattrape. Une serviette posée à terre, signe distinctif d'une présence. Tu lèves les yeux, tu cherches sans rien voir, sans rien trouver. Et puis, ton regard attiré par des feuillets, à tes pieds. Tu t'accroupis sans comprendre que tu violes l'intimité d'un autre. Tes doigts qui glissent sur une feuille ballotée par le vent pour te permettre de détailler les traits qui s'y dessinent. C'est beau, bien trop beau... un court instant, tu t'abandonnes à la contemplation de ce qui ne t'appartient pas ! Infâme allégorie..

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Janus Penrose

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MessageSujet: Re: les yeux revolver (janus)   Mar 15 Mai - 10:26

Tu ne sais pas. Si ça avait été une bonne journée. Ou si celle-ci n'avait été que trop longue, encore et encore. Là, assis à ton bureau, le regard perdu dans l'étendu trop bleu du ciel. Vouloir t'enfuir dans le lointain, ne plus écouter les professeurs. Oui, juste profiter de l'été, qui doucement, naissait après le printemps. Sentir la brise sur ton corps et juste....

Oui, juste ça.

Et c'est peut-être pour cela, que dés la sonnerie, tu avais fourragé avec force tes affaires dans ton sac. Courir. Courir pour t'enfuir. Courir à en perdre le souffle, le chemin par cœur au bout de tes pieds. Tu avais déjà tout préparé, Janus. Là, dans le coin de ton sac, tu avais glissé la serviette, le short de bain et la chemise d'été. Sourire au bord des lèvres, tu ne sais pas combien de temps tu as mis pour arriver ici. Sur le bord du lac, bruit de clapotement dans les oreilles. Souffle du village s'éteignant dans le trop lointain. Tu aimais tellement cet endroit. Un peu secret, tu savais que personne, ou presque, ne venait ici. Alors, c'est en toute confiance, comme depuis des années, que ton corps s'était dénudé, que la serviette s'était étendue sur le sol et que le calme t'avait enfin agrippé pour ne plus te lâcher.

Soleil qui glisse le long de ta peau. Brise qui la rafraîchit doucement, tu avais fermé les yeux quelques instants, étendu sur la plage. Profitant juste. Loin du tumulte adolescent du lycée. Loin des regards après ton frère. Loin de tout. Et c'était juste bon. Encore plus lorsque le carnet glissa sur tes genoux, crayons à tes doigts. Repenser aux Adonis endormis. Repenser aux rêves interdits. Et y glisser quelques lignes, quelques courbes. Pendant une minute, une heure, deux ? Tu n'y avais pas fait attention. Non. Et c'est la chaleur sur ta peau, soleil brûlant, qui te rappela au présent. À la chaleur trop présente qui ne désirait qu'une chose. L'eau fraîche. Sûrement un peu trop pour ce début de saison.

Mais le corps s'y plonge, le corps s'y rafraîchit. T'étais habitué. Visage qui coule, corps qui s'alanguit entre le bleu de l'eau. Fermer les yeux, cesser de respirer. Janus. T'aimais, te retrouver dans les limbes de l'eau, ici, ou l'océan. Cocon de calme, là où aucune pensée ne venait, là où le cerveau, un peu, se laissait éteindre. Mais, le souffle manque. Le corps crie et doucement, tu refais surface. Ne remarquant pas tout de suite la silhouette sur la plage. Ne remarquant pas tout de suite. Jusqu'à capter l'ombre. Sursaut qui te prend, tu fronces un peu les sourcils. T'élances. Parce que l'homme à tes papiers dans ta main. Parce que tu te rends compte que le vent les as éparpillés et que ça ne va pas. Non. Tu ne sais d'ailleurs pas ce qu'y t'inquiète le plus. Les papiers perdus ou l'homme. Peu importe.

Sortir de l'eau. Courir. « Hey ! Que.... » Et une feuille s'envole. Et le cœur s'arrête. Merde merde ! Se précipiter, chercher à tout récupérer. Parce que tu ne veux pas y perdre. Impossible. Ca te brûle le cœur rien que d'y penser. Jamais. Jamais.

Feuilles virevoltantes.
Jeune homme virevoltant.
Tant pis pour l'inconnu.

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MessageSujet: Re: les yeux revolver (janus)   Mar 15 Mai - 11:30

Pris d'assaut par la justesse des traits, le réalisme des courbes et des ombrages. Comme pris à la gorge par le reflet exact des hommes qui se dressent sur des feuilles blanches, dessinées au fusain ou au crayon, peu importe. Passionné par l'art depuis toujours, ton propre calepin qui tombe à tes pieds alors que tes jambes déjà se plient pour ramasser une première esquisse, une seconde même. Des hommes, toujours... véritables adonis au corps sculptural et parfaitement représentés. Un fin sourire sur tes lèvres, les courbes joyeux de ces mâles qui éveillent ton esprit à de douloureux souvenirs. Et puis, le vent qui continue sa course, balayant tout autour de toi sans même que tu ne t'en rendes compte. Une autre esquisse qui capte ton attention, un corps longiligne et plus fin... des traits moins épais, un souvenir qui te saute à la gorge et menace d'étouffer ton coeur quand tout à coup, tes yeux se lèvent sur une ombre. Hey ! Que... et tu voudrais sans doute prendre le temps de le détailler un peu mais déjà, il court dans tous les sens. Après ses dessins comme on court après ses rêves. Tu te lèves, trop rapidement. Ton corps qui craque, stigmates du temps qui passe et ne pardonne rien. Et sans savoir pourquoi, tu l'aides à ton tour. Ramassant ça et là les papiers qui se sont envolés, comme on ramasse les morceaux d'un coeur qui s'est brisé. Tu les tiens entre tes doigts comme tu essaies de ne jamais abîmer les toiles qu'on glisse entre tes mains expertes et lui tends les précieux sésames. Tiens. Tu lui dis dans un italien parfaitement maîtrisé. Tes yeux qui dévient légèrement de ses yeux inquiets à ses lèvres légèrement humides, de sa bouche à ses clavicules jusqu'à la naissance de son torse longiligne. C'est... c'est de toi ? Tu lui demandes avec une timidité déconcertante alors que ton regard remonte jusqu'à ses yeux d'une pudeur exquise. Le souffle court, comme rattrapé par l'intimité que tu as violée de tes yeux curieux.

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MessageSujet: Re: les yeux revolver (janus)   Mar 15 Mai - 13:42

Tu ne te rends pas compte, Janus, qu'il t'aide, cet inconnu. Non. Ce n'est que lorsque tes yeux glissent sur la main tendue, que tu le remarques. Vraiment. Les longues mains qui tiennent les quelques esquisses libres qui parsèment ton carnet. Tu sursautes un peu, relèves le regard et le fixes. L'inconnu. Vraiment, tu ne sais pas qui il est. Tu ne l'as jamais vu, ou alors peut-être de vraiment très loin. Sans doute, ici, c'est petit. Est-ce un touriste ? Tu n'en es pas sûr. Surtout, après qu'il te dise quelques mots. Italien parfait glissé entre ses lèvres. L'homme est beau. Mais, ce n'est pas cela qui te fait monter le rouge à tes joues. Non.

C'est lorsqu'il te demande si c'est de toi. Et sans savoir pourquoi, ça te gêne, te fais rougir. Et te fais même bégayer alors que tu récupères les croquis de ses doigts. Ils sont longs. « O...oui. » Te retourner, pour les ranger. Te pencher sur ta serviette et ton carnet dans lequel tu glisses à nouveau les dessins. Et, c'est peut-être à ce moment-là que tu comprends vraiment. Mortifié, gêné. Bon Dieu, il a regardé. REGARDÉ. Tes mains tremblent et tes dents mordent ta lèvre. « Vous....vous n'aviez pas le droit de regarder. » Et n'est-ce pas vrai ? Tu te sens un peu comme si on était entré dans ton jardin le plus secret. Et ça te gêne, t'embête. Et tu ne sais pas comment réagir. Tes mains tremblent alors que délicatement, elles ferment le carnet, lien de cuir noué autour. Pour ne plus que ça s'envole. Pour ne pas manquer de les perdre. Non. Pas encore. Ca te ferait trop mal, tu penses. Vraiment.

Et ce n'est que là, quand tu vas pour te retourner, le regarder. Lui demander. Quoi, tu ne sais pas. Que tu vois l'autre carnet. Le calepin qui est sur le sol. Main tendue vers celui-ci. Ton visage se tourne. Pour le regarder. Lui et le calepin. Est-ce que ce sont des dessins aussi ? Est-ce un artiste ?

Le fixer. Le détailler. Réellement. Y a tes yeux qui captent son visage. Qui glissent sur ses cheveux, sur la courbe de son nez, la légère barbe, les beaux yeux et les lèvres... Descendre un peu plus, découvrir les épaules vêtues. Le torse, le corps. Beau. Mais, toi. Toi, tu voudrais juste savoir qui il est et, son look te fais vraiment penser à ce qu'il soit.... particulier ? Comme un de ces artistes que tu t'imagines parfois de ton esprit trop fertile d'imagination. Et tu te rends pas vraiment compte que tu le fixes encore. Que c'est sûrement impoli et gênant. Mais...

Détourner le regard, attraper le calepin. « C'est à vous ? »
Non, Janus, tu ne regarderas pas dedans.

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MessageSujet: Re: les yeux revolver (janus)   Mar 15 Mai - 14:04

Tu devrais pourtant savoir, mieux que quiconque. Entre dans l'intimité des gens, c'est malhonnête.. même s'il est plus jeune que toi, même si tu es plus mûre que lui. Qu'importe la situation, poser les yeux sur ses dessins relèvent de l'incivilité. La tienne, finalement ! Tes erreurs qui se répètent, encore et toujours. Le mercenaire qui prend plus de place, l'homme à l'affût de nouveaux artistes pour les exposer dans ses galeries. Celui qui conserve les oeuvres d'autrui et qui, quelque part, conserve également une part de leur humanité. Toi, l'homme au mille facettes mais surtout l'homme aux mains d'or quand il s'agit de décerner le talent chez les autres. Tu lui tends ses dessins, tu poses une simple question sans te rendre compte de ce que tu peux provoquer. Pourtant, toi mieux qui quiconque, devrait comprendre le rouge qui se peint sur ses joues quand il te répond, doucement O...oui. avant de te regarder comme si tu venais de lui voler le plus magnifique de ses trésors.
Instant de battement, le temps qui se fige. Tes yeux qui le détaillent un peu plus. Il est jeune, un éphèbe comme rarement tu en avais vu. Il y en pourtant eu un autre avant lui. Ton regard qui s'attarde sur son corps, y retrouvant les stigmates d'une jeunesse qui se crève déjà sur tes paupières trop lourdes. Et comme pris sur le fait, tu recules d'un pas quand, plus virulent, il te dit Vous....vous n'aviez pas le droit de regarder. Tu secoues le visage de gauche à droite, rougissant malgré toi. Non, tu n'avais pas le droit. Tu te l'es donné par simple égoïsme et suffisance. Parce que tu es conservateur, sans doute, trop curieux et trop affable de talents comme le sien. Tu te mords la lèvre, honteux. Effectivement, je suis désolé. tu lui réponds rapidement, avant d'ajouter. Mais.. tu as beaucoup de talent, vraiment. tu lui dis en t'arrêtant un instant sur ses mains, envieux.
Tu crois rêver quand son regard se dégage du tien pour se poser sur le calepin que, par mégarde, tu as laissé tomber à ses pieds. Il se penche, l'attrape. Tu sens ton intimité qui vole en éclat, tes secrets exposés entre ses doigts fins. Il pourrait l'ouvrir, pourrait t'épier comme il t'a surpris à le faire. Il s'arrête net dans ses gestes, ses yeux qui dévient sur toi et, comme passé à la loupe, ton corps que tu balances d'un côté à un autre de tes jambes. C'est à vous ? Tu tends la main pour récupérer tes dessins mais il ne bronche pas, tu arques un sourcil doucement. "C'est à toi", je préfère. tu lui dis en souriant tendrement. Je ne suis pas assez vieux encore pour que tu me parles comme à ton professeur d'art, tu sais. Le ton est neutre, posé, presque naturel. Le sourire également, charmant et sincère. Tu ne cherches pas à l'amadouer, juste à créer une atmosphère plus sereine. Je.. je dessine aussi, oui. tu glisses avec maladresse, espérant que ta confession puisse l'amener à te rendre tes croquis. Crois-moi, c'est bien moins beau que ton travail. tu ajoutes, subjugué par le regard qui ne se détache plus du tien. Comme transporté ailleurs, subitement.

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MessageSujet: Re: les yeux revolver (janus)   Mar 15 Mai - 14:47

Et tu ne comprends pas trop. C'est un peu comme si les mots s'enchaînaient, sans te laisser le temps de réfléchir. Tu ne comprends pas ce qu'il te dit. Comment peut-il dire cela ? Tu es content, bien sûr, il s'excuse. Et ça te fait du bien. Tu te sens moins atteint, moins choqué que quelqu'un ait pu regarder. Sans te demander. Mais, l'homme est bizarre. Enfin, non pas bizarre. Janus, tu t'égares un peu. Alors, tu finis par te redresser, à le regarder de trop. Le calepin dans tes mains. Il dessine, c'est qu'il te dit. Comme il te demande de le tutoyer. Oui, mais...tu ne le connais pas. Haussement d'épaules. Ce qui te perturbe le plus ce n'est pas ça. Non.

Art. Professeur. Talent. Ca te fait froncer les sourcils. Ouvrir grands les yeux. Que dit-il ? Ca te fait du mal. Parce que tu sais, Janus, que tu ne fais pas d'art. Que tu gribouilles juste. L'art, c'est ton grand-frère qui en fait. Pas toi. Et, c'est peut-être ça qui te fais réaliser que tu es nu. Janus, là, le torse humide réchauffé par le soleil. Et ça te fais violemment rougir. Te retourner pour enfiler ta chemise. Parce que t'es trop grand, t'es trop maigre. T'es juste tellement...tellement mal dans ta peau. Parce que tes frères. Tes frères sont bien mieux, plus doués, plus grands, plus beaux. Plus. Alors tu te retournes, dos à lui. La chemise dans une main, le calepin abandonné sur ta serviette. « N...non je ne suis pas...je... » Un bras puis un autre. « Je n'ai pas de professeur d'art...je...je ne fais pas d'art, c'est faux. » Et t'as presque l'impression de lui crier dessus. Pour lui faire comprendre. Non non. Faux. C'est faux.

Le corps tremble. La chemise s'enfile, juste quelques boutons attachés devant. Il fait chaud. Mais, tu te sens moins...moins nu. Moins moche peut-être aussi. T'en sais trop rien. Tu as du mal à comprendre cette drôle de rencontre qui fait tourner trop de choses dans ta tête. Des compliments. Des mots étonnants. Tu voudrais presque juste ouvrir le calepin et regarder. Peut-être comme pour lui prouver qu'il se trompe. Que n'importe qui dessine mieux que toi !

Janus, pourquoi es-tu si mal dans ta peau ? T'en sais rien. Tu te penches pour récupérer le calepin que tu lui tends. Non, tu ne regarderas pas. Parce que tu ne veux pas...tu ne veux pas blesser. Parce que c'est ce qu'il a fait. Ce qu'il fait même, t'as l'impression. Mais, t'es aussi un peu content. Vraiment. De rencontrer quelqu'un d'autre qui dessine. En dehors de ton frère, qui ne sait pas. Personne ne sait. Et tu frétilles presque. De savoir ce qu'il croque lui, sur les pages secrètes. « Je...je ne peux pas regarder ? » Lui, par contre tu le regardes vraiment. C'est un homme. Pas un garçon, pas un adolescent comme tu en vois trop à l'école. Pas un adulte comme les professeurs. Dieu non. C'est un homme. Un homme comme de ceux qui envahissent tes pensées et tes rêves.

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MessageSujet: Re: les yeux revolver (janus)   Jeu 17 Mai - 13:30

Tes yeux qui fixent sa mâchoire sans équivoque aucune. Des souvenirs par dizaine qui affluent à la surface lisse de tes propres iris. Paris, Berlin, Tokyo.. des voyages qui raisonnent encore comme de lointains souvenirs. Un éphèbe, presque le même, bien plus jeune que toi et pourtant bien plus expérimenté. Tu as appris avec le temps qu'une date de naissance ne justifie jamais l'expérience. Qu'un âge ne promet pas l'intelligence du corps et du coeur. Tu te rappelles de ses mains qui parcouraient ton corps, réveillant en toi ce que tu refoulais depuis si longtemps. Tu te souviens de ses baisers enflammés qui te ramenaient à toutes les vibrations de ton âme. Et brusquement, tu te figes, face à cet inconnu. Comme si tu l'avais toujours attendu, comme si tu l'avais toujours connu.
Le coup de foudre.
Ou ce qui y ressemble le plus. Ton coeur qui manque un battement à l'image de ce visage que tu avais si longtemps frôlé du bout des doigts en sachant pertinemment que tu finirais un jour par le perdre.
Et maintenant ?
Rien que le silence, le malaise et les membres tremblants. Comme si tout ton corps réagissait à ce qu'il réveillait en toi. Parfait inconnu, illustre apollon qui se dessine devant toi avec une ardeur que tu n'as connu qu'une fois dans ta vie. Tu te revois dans cette vieille chambre vétuste à Tokyo, peindre à la fenêtre en entendant le souffle de sa respiration s'écraser sur les couvertures. N...non je ne suis pas...je... Et la voix qui te ramène à une réalité trop propre, trop nette. Tu secoues le visage, sans comprendre d'où lui vient son désarroi. Tu n'as fait qu'évoquer l'éventualité de cours d'arts sans pour autant être persuadé qu'il en suivait. Néanmoins.. ce talent !!! Je n'ai pas de professeur d'art...je...je ne fais pas d'art, c'est faux. Tu lèves tes deux mains en l'air, comme pris sur le fait alors que tu le vois qui te tourne déjà le dos. Je.. excuses-moi, je ne voulais pas paraître impoli. Tu glisses en murmurant alors que déjà, il ramasse le calepin à terre pour te le rendre. Habillé, il ne perd pourtant pas pour autant de son charme. Et tes yeux se plaisent à dessiner chaque virage, chaque ligne.. comme on étudie une oeuvre. Tu souris, à moitié, porté par des sentiments qui te sont étrangers et pourtant si familiers. Je...je ne peux pas regarder ? Tu ravales ta salive, hésitant. Tu as fouillé son intimité, il peut bien en faire de même. Mais sur ces pages.. il y a ce visage. Celui que tu n'as jamais oublié et que tu continues encore de dessiner.
Tu hésites, le coeur battant.
Lui donner l'autorisation ?
Reprendre tes dessins ?
Tu tranches, d'un coup vif, comme un pansement qu'on retire d'une plaie. Bien sûr.. tu.. tu peux, oui. Si la vérité existe, elle est couchée sur ces pages. Et s'il doit l'apprendre, que ça se fasse tout de suite, non ?

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MessageSujet: Re: les yeux revolver (janus)   Ven 18 Mai - 10:45

Le temps semble un peu s'arrêter et finalement, c'est la brise fraîche sur ta peau encore humide qui t'accroche au présent. À toi fixant l'homme. À toi lui tendant un carnet à secret, comme le tien. Alors que tu attends. Attends impatiemment qu'il te dise. Parce que même si tu ne veux pas te l'avouer, tu aimerais beaucoup. Voir comme il dessine. Voir comment il voit et croque la vie. Alors, c'est peut-être pour cela, Janus. Que tu ne peux empêcher ce sourire soleil d'éclater sur ton visage. Te rendant à la fois plus jeune, mais tellement lumineux et pétillant. Avec cet air innocent et joyeux. Avec cette touche d'éclat, tu serres les doigts contre le calepin et souffle un petit merci heureux. « Merci. » Oh oui, tu es content. Vraiment.

Alors, doucement, tu te laisses tomber sur ta serviette, jambes en tailleur, tu caresses délicatement la couverture qui cache le jardin secret. Tes dents mordillant ta lèvre. Tu hésites, presque timide d'entrer dans cette intimité. Mais...tu n'as jamais vraiment rencontré d'autre dessinateur, autre que ton frère. Et tu frétilles presque d'impatience. Pourtant, tu prends le temps de relever la tête, de le fixer lui, l'inconnu qui accepte. Et tu te dis que peut-être...peut-être... Alors, doucement, tu lui fais signe. Viens t'asseoir. Viens avec moi. Viens partager nos secrets. Alors que tu lui tends de ta main libre ton propre carnet. Et tu ne sais pas pourquoi tu fais cela. Tu ne sais pas ce qui te fais oser te dévoiler à ces côtés. Peut-être parce que lui-même a osé ?

Sourire et lui prêter ton jardin secret. Avant de te détourner légèrement, tes doigts attaquant enfin le calepin. Religieusement, silencieusement. L'ouvrir et découvrir les premiers traits, les premières ébauches. C'est beau. Vraiment. Sourire un peu plus, le cœur qui bat la chamade. Tu savoures avec délice les dessins qui passent doucement devant tes yeux. « Magnifique. » Murmure perdu dans la brise. Mais, véridique. Encore plus lorsque tu captes cette silhouette. Connue et pourtant inconnue. Coco. Coco plus jeune. Coco toujours aussi beau. Tes doigts survolent la silhouette, sans toucher le papier. Puis, tourner la page. Tu te demandes, un peu, quand ils auraient pu se trouver. Mais, ce ne sont pas tes affaires, n'est-ce pas.

Et... et ton regard se détourne, vient s'attarder sur l'inconnu. Le fixer à nouveau, le détailler alors que les pages de ton propre carnet défilent. Jusqu'à ce que tu aperçoives le dessin. Que tu te rendes compte que... Dieu. Le rouge te monte aux joues, petit sursaut. Alors que tu viens de comprendre qu'il allait les voir....les dessins sûrement un peu trop osés de tes rêves. Les corps et les sexes croqués avec frénésies.

Tu voudrais tendre le bras et refermer le carnet. Fuir loin. Tellement tu es gêné. Mais tu n'oses pas. Parce que.... peut-être à cause de son regard. Regard d'inconnu.

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MessageSujet: Re: les yeux revolver (janus)   Mar 22 Mai - 13:40

L'atmosphère se dénoue légèrement, devenant de plus en plus confortable.. pour toi, comme pour lui. Tu as l'impression que ses joues reprennent une couleur naturelle et que les tiennes ne font plus concurrence à la couleur ocre des derniers rayons du soleil. Tu l'observes avec tendresse, comme on regarde un gamin faire ses premiers pas. Il est intimidé, sans doute à cause de ta prestance et de cette barbe que tu ne sais pas faire pousser correctement et dont tu te satisfait, ici. Parce que tu es en vacances, que ton allure est toute aussi débraillée que le reste et que tu fais sans doute bien plus veux que tu ne l'es vraiment. Il te prend pour un adulte quand, dans ton coeur, tu n'as jamais été qu'un gosse maladroit et incapable de prendre les bonnes décisions. Sa manière tout à lui de t'observer, de te regarder te ferait presque oublier, un instant, toutes les promesses que tu t'étais faite quand, un beau jour, tu as donné à un homme la première toile que tu n'aies jamais peinte. Quand tu lui donnes ton accord pour observer tes croquis, même à contre-coeur, tu sens que ça le touche. Il sait sans doute mieux que quiconque ce que représente un pas tel que celui que tu fais, à présent. D'ailleurs, les joues légèrement cramoisies, il te dit Merci. sans attendre plus longtemps pour s'assoir sur sa serviette.
Tu le laisses faire, l'observant en coin.
Ses épaules fines, son corps longiligne et ses expressions fascinantes.
Il y a matière à peindre, tu penses, à voix basse, légèrement amusé. Tu n'as jamais eu qu'une seule muse.. le même portrait qu'il trouvera sur toutes les pages. Tu n'as jamais connu qu'un homme capable de te faire sentir suffisamment à l'aise pour reprendre le crayon et les feuilles blanches. Alors, un peu intimidé, toi aussi, tu t'assieds en tailleurs à même le sol, acceptes le calepine qu'il te tend et le regardes avec attention. Cherchant sans doute ce qu'il n'oserait te dire dans ses iris, complètement focalisés sur les pages qu'il parcourt. Magnifique. est le seul mot qui s'égare entre ses lèvres alors qu'il frôle du doigt un de tes dessins. Tu n'as pas peur qu'il te découvre aimant les courbes masculines, tu as bien plus peur qu'il trouve ton travail désastreux, à dire vrai.
Alors tu repenses à son travail, muet.
Tu baisses le regard à ton tour, après tout, il t'a donné son accord n'est-ce pas ? Tu l'ouvres, délicatement.. tu en avais déjà survolé un mais pas dans le détail. Les traits sont travaillés à la perfection, loin d'être hésitants et le jeu des ombres rend ses croquis très réalistes. Tu tournes la page, tu te retrouves face à d'autres dessins, toujours des épreuves mais toujours les mêmes corps, les mêmes choses, les mêmes courbes.. tu lèves alors les yeux doucement vers lui, intrigué. Tu le retrouves gêné, comme pris en flagrant délit. De quoi exactement ? Sourire tendre qui se dessine sur tes lèvres alors que tu lui dis Tu as beaucoup de talent, tu sais. Sans même porter vraiment attention sur les hommes qu'il représente à chacune de ses pages. Comment.. comment t'appelles-tu ? soudainement soucieux de faire les choses mieux, de ne surtout pas laisser s'échapper cet instant fugace mais onirique, presque surréel !

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Janus Penrose

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MessageSujet: Re: les yeux revolver (janus)   Mer 30 Mai - 7:56

La gêne reste et pourtant. Là, sur ton visage, sourire timide qui se dessine. Et tu ne sais pas pourquoi. Pourquoi tu te sens impressionné et en même temps…heureux. Ou alors, c’est peut-être parce que c’est la première fois, qu’on te fait un compliment. La première fois que tu te dis que peut-être, Janus, tu dessines bien. Oui, c’est ça, ou autre chose. Tu ne sais pas trop. Tu ne comprends pas trop les sentiments qui te secouent. Virevoltent là, dans ton corps comme la brise fraîche qui vient glisser le long de vos peaux exposés au soleil doux de ce printemps. C’est agréable. Et tu te sens pas trop mal. Alors, un merci glisse encore d’entre tes lèvres, pour le compliment. Pour le regard sur tes dessins. Pour cet instant fugace volé au temps. Pour tout ça en même temps. Même si tu continues d’apercevoir les courbes interdites que tu as croqué sur les feuilles blanches. Mais, il ne dit rien. Juste que c’est beau.

Soupirer un peu, essayer de te détendre. Moins gêné, moins sur la défensive. Tu te recules un peu. Parce que tu te rends compte que tu t’étais un peu redressé, prêt à lui arracher le carnet des mains. Mais, finalement, tu crois qu’il n’y a plus besoin. Vraiment. Parce que peut-être…peut-être est-ce qu’il te comprend. L’inconnu. Et ça te fait bizarre de penser à ça comme ça. Sourire à nouveau. Timide sur tes lèvres. Comment t’appelles-tu. Comment…et tu te rends compte que vous avez quasiment tout fait à l’envers. Et malgré toi un éclat de rire glisse de ta gorge. Peut-être aurait-il mieux valu commencer par cela. Rire doux. « Janus. » Le fixer à nouveau. Le détailler encore une fois. « Et vo… » Hésiter un instant. Il t’a dit non, de le tutoyer. Mais, ça te semble un peu…D’un autre côté, il ne semble pas non plus si vieux…si…Oh et puis tu n’en as rien à faire ! Tu es seul avec lui. Qui pourrait te le reprocher ! « Et toi ? » Parce que tu veux savoir aussi. Parce que tu veux savoir qui est cet inconnu qui s’est immiscé dans ton jardin secret. Qui est cet homme au coup de crayon magnifique et aux yeux aguerris. Tu penses, vraiment, qu’il est un vacancier. Parce que tu ne le connais pas. Pourtant…pourtant il a un petit quelque chose d’ici que tu ne saurais décrire.

Tu rebaisses les yeux. Ils glissent à nouveau sur le papier, comme une nouvelle page tourne. Un autre dessin. Encore un corps. Lui aussi, il y a des garçons dessinés sur le papier. Surtout un, tu as l’impression. Mais… « Et tu fais quoi ? Enfin, dans la vie ? » Sourire. Tu ne sais pas si tu devrais aussi lui dire. Toi, que t’es juste un gosse. Que y a pas besoin de s’intéresser à toi. Que t’es qu’un pauvre lycéen redoublant. Trop intelligent, un peu. Avec les parents qui veulent te guider vers le haut du podium. Que tu ne sais pas…vraiment pas, vouloir atteindre.

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MessageSujet: Re: les yeux revolver (janus)   Mer 30 Mai - 9:06

Des hommes, à chaque page. Différents mais toujours idéalisés. Un peu comme ton travail, tes esquisses et tes dessins. A la différence près que les tiens ne représentent qu'un seul et même homme. Tendresse juvénile qui se lit sur les traits de tes croquis, la jeunesse, la fougue mais également le sourire et les lèvres charnues. Celles qui te ramènent à tes obsessions, tes propres fantômes. Des portraits, pour la plupart. Quand ils ne le représentent pas complètement nu dans des positions affolantes et sans équivoques aucune. Il te manque, c'est un fait et ce calepin en est sans doute la preuve. L'homme qui te fait face pourtant te ressemble un peu, lui aussi. Il aime le corps humain, il aime celui de l'homme. Tu n'es personne pour le juger, encore moins pour l'en blâmer. Mais tu te sens intrigué, comme s'il pouvait, du bout des doigts, t'emmener exactement là où tu voudrais être. Parce qu'il a la même étincelle dans les iris que l'homme qui te fait défaut depuis tant de temps. Parce qu'il te ramène, inconsciemment, à tout ce que tu as perdu. Alors tu fermes son cahier, tu le lui tends et lui demandes son prénom. Il rigole un peu, c'est contagieux. La situation se détend, tu en as l'impression.
Pourtant, il subsiste un peu de silence, entre chacun de vos mots.
Il s'appelle Janus, tu trouves ça charmant. C'est inconnu, le genre de prénom que l'on retient parce qu'atypique. Tu souris, tu hoches le visage, il te retourne la question et tu réponds rapidement Baltazar. comme une coupure dans l'italien dans lequel vous échangez. Parce que tes origines sont plus rugueuses, bien moins latines et exotiques. Parce que tu es né en Allemagne et que tu y as vécu si longtemps. Il sourit, à son tour, et le monde tourne un peu plus vite, un peu mieux. Tu ne le lâches pas du regard, subjugué par la candeur de ses gestes et de ses mimiques. Et sans que tu n'en prennes vraiment conscience, tu sais déjà que ce soir, c'est son visage que tu représenteras sur une feuille blanche.
Il détourne pourtant la conversation, s'intéressant à toi, à ton métier. Tu trouves ça étonnant mais attendrissant. Tu rougis, bien malgré toi. Vous êtes deux inconnus assis en tailleur, l'un face à l'autre. Vous avez percé l'écrin de votre intimité en échangeant vos secrets maquillés sur des feuilles blanches. Tu peux bien lui en dire plus à ton sujet, désormais. Je suis conservateur. dans un murmure, avant d'ajouter. Ces hommes sont le fruit de ton imagination, ou tu t'entraines avec des modèles réels ? Tu pointes du doigt une partie de lui dont il ne veut sans doute pas parler, pourtant, ça t'intrigue. Tu te demandes, brusquement, si à ton tour, tu pouvais devenir une source d'inspiration pour quelqu'un. Si tu pouvais un jour être assez intéressant et touchant pour qu'on te couche sur du papier.. compter, juste assez pour ne pas qu'on t'oublie et te remplace.

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MessageSujet: Re: les yeux revolver (janus)   Mer 30 Mai - 11:58

Baltazar. Doucement, tu le formes de tes lèvres, murmures inaudibles à leurs bouts. Baltazar. Tu aimes ce prénom au goût exotique et fervent. C'est beau. Et tu lui souris juste, comme ça. N'osant pas le lui dire. Comme c'est beau. Ce prénom. Peut-être, et t'as comme l'impression de t'en rendre compte que maintenant, que c'est aussi beau que lui. Le regard incertain qui glisse de haut en bas. Sur les courbes et les déliés. Oui, vraiment. Les deux sont aussi beaux l'un que l'autre. Et, ça t'intimide légèrement. Toi et ton corps trop grand, trop maigre. Sur lequel tu cherches désespérément les poils. Des hommes que tu croises. Des autres ados que tu vois nus dans les vestiaires. Toi...ton menton reste vierge de toute barbe. Il y en a oui, bien entendu, plus bas et un peu sur les jambes. Mais, bien loin de la virilité telle que tu l'imagines ? En dehors des adonis. Eux sont...spéciaux.

Et finalement, c'est sa voix qui te ramène plus ou moins sur terre. Quand il répond à ta question. Quand tu comprends qu'il est d'accord. Pour apprendre encore un peu de ce jardin dont vous avez ouvert la porte. Tu lui souris. Conservateur. Oh. Est-ce pour cela qu'il trouve tes dessins beaux ? Tu es étonné, peut-être encore plus. Parce qu'en valent-ils vraiment la peine ? Sûrement, parce qu'il continue, Balt et te pose aussi des questions.

Rougeurs violentes sur tes joues. Tu baisses le regard pour fixer ton carnet que tu tiens contre toi. Le sien toujours sur tes genoux. Que tu finis d'ailleurs par fermer délicatement, lui rendant également. Un peu intimidé, tes dents viennent mordre tes lèvres. Mais, tu ne sais pas pourquoi, tu veux vraiment répondre. Continuer à parler avec lui. À parler de ça avec quelqu'un. « Oh. » Tu es gêné. Parce que c'est....c'est secret. Vraiment. Tes doigts se mettent à jouer ensembles, douce torture alors que tu relèves doucement les yeux. « Mhmm...en fait je...ce sont les statues dans le site archéologique. Les derniers. » Mais c'est interdit, il ne faut pas le dire. Pourtant, tu ne l'ajoutes pas, c'est sûrement inutile. Baltazar ne semble pas idiot. « Et les autres, c'est euh...les garçons dans les vestiaires je...je les dessines de tête ou...ou alors... » Et ta voix diminue un peu, comme pour ne pas qu'il puisse entendre. « Et après, ce sont mes rêves. » C'est, tu penses, ce qui te gêne le plus à dire. Avouer. Rêver. Encore et encore de ces corps qui s'emmêlent. De ces hommes, parfois les adonis, parfois les autres, parfois juste ton imagination qui modèle avec dextérité les corps. Tu as à la fois envie de rire, nerveux, de te cacher, gêné. Mais, tu essaies, vraiment de continuer de le regarder. Pour voir. Ce qu'il en pense. Avant d'ajouter doucement. Encore. « Mais...mais ce serait bien de dessiner quelqu'un. J'ai encore jamais. Y a...y a une connaissance mais je l'ai pas encore dessiné. » Coco. Coco et son physique parfait pour être croqué. Comme Balt l'a fait là, dans son calepin. Mais, tu ne lui dis pas. Tu n'oses pas. Tu ne voudrais pas, tu as peur de faire un faux pas. Peut-être que c'est aussi secret que toi.

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