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pensez à référencer vos personnages dans le repertori.
Cela vaut également pour les scénarios et préliens que vous créez, ne les oubliez pas!


merci de privilégier les personnages studiosi !


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 l'arbre dans sa boue ne peut rien contre moi l elettra

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Annibale Calvi
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Occupation : archéologue/mystique
Notes :

ELETTRA l COSIMA l JANUS l COCO

MessageSujet: l'arbre dans sa boue ne peut rien contre moi l elettra   Mar 15 Mai - 22:59



J'ordonne que Bouddha s'étrangle dans son rire
Et que, simple saumon, Moïse plonge entre les flots de la mer Rouge
Cependant que la croix se défait de son Christ

Alain Bosquet


Nous sommes tous des institutions
Tous des institutions
Je marche dans ce musée comme je marche dans mon âme ces murs glacés ces murs froids "j'ai trouvé l'architecture peu accueillante quand même" ce peu d'accueil c'est l'antre de nos pensées. Un étalage de murs froids qui ne se réchauffent qu'occasionnellement, quand c'est le moment. Quand c'est le moment de l'idée.
J'aimerais ne pas être dépendant de mes lunettes noires ne pas être dépendant mais des yeux de retombée d'opium ça interroge les gens ça leur pose question ils deviennent tous des points d'interrogations ils sortent carrément d'eux-mêmes pour vous demander si "ça va monsieur" "oui ça va madame alala les insomnies dis donc" - ou autre excuse minable du genre, c'est triste de constater que le minable convient parfaitement aux gens ils acquiescent d'un air entendu et puis ils tournent les talons il va pas me raconter ses histoires d'insomnies en plus de m'imposer ces yeux qui ne sont plus des yeux celui là non mais.
Tous des institutions nous sommes avec des règles et des horaires d'ouverture la révélation c'est de comprendre qu'il faut secouer ses règles et ses horaires pour arrêter d'être une institution et devenir un humain mais ça peu y arrivent avant la mort.
Je range la fin de mon délire opiacé dans une boîte petit à petit. C'est comme si je faisais des économies de fins de délires, je les mets de côté pour pouvoir un jour m'offrir l'Au-dessus. Quand la boîte sera pleine il sera temps de m'extraire des humains. Peut être que l'Au-dessus c'est la porte qui permet de sortir de l'homme-institution. Peut être que c'est la mort - ça n'a pas grande importance ce que c'est, l'important c'est d'y aller pour voir, comme pour tout dans la vie.
Comme tous les musées d'histoire que j'ai visités dans ma vie, celui-ci me retourne le coeur. Ca n'a plus rien à voir avec la drogue ou le délire. Dès les premières visites à l'école primaire un reste de pot cassé de la préhistoire m'émouvait aux larmes il fallait se cacher des autres ouais ok bien sûr se cacher derrière une contenance de caïd comme je me cache maintenant derrière mes lunettes mais ému aux larmes. Donnez moi cinq cent Da Vinci, trente cinq Tintoret, des pièces entières de Poussin, rien de tout ça ne me bouleversera autant que les vestiges des petites gens qui fabriquaient comme ils pouvaient leurs quotidiens avec leurs mains. Des lueurs d'ingéniosité de la vie banale. S'émouvoir du fait qu'il y a toujours eu sur terre une vie banale, depuis la nuit des temps. Et que c'est justement ce banal qui des siècles et des siècles plus loin est pour nous de l'extraordinaire.
Je suis une carcasse qui vogue à travers les salles
Nulle part ailleurs ne suis-je autant chez moi que parmi ces objets
L'avantage c'est que j'ai beaucoup de nulle part ailleurs où je suis autant chez moi
Je ne suis pas un camé n'ai pas l'air d'un camé les gens ne s'éloignent pas à mon approche petit pantalon de costume à pinces très élégant chemise ouverte en lin pour la chaleur classe à l'italienne on dit j'ai lu ça dans d'innombrables magasines d'avion ceux qui sont dans la petite pochette d'appoint contre laquelle les genoux frottent pendant tout le vol. La classe à l'italienne. Même dans le fin fond de mes addictions je n'ai jamais ressemblé à un camé. Il y a une époque où ça n'était pas une bonne chose, l'époque où je m'enfonçais dans la drogue pour la destruction et où il aurait fallu que quelqu'un me voit comme un pauvre camé la gueule arrachée pour venir me sauver - ça n'est pas arrivé. Heureusement la mort, puis la renaissance. Je ne suis pas un camé, plus un camé - maintenant je cherche la vérité.
C'est compliqué pour moi de me rappeler le monde quand je suis face à ces petites vitrines éclairées soigneusement qui étalent sur des fonds gris moches les objets les plus précieux que nous ont laissé l'histoire. Paradoxalement, c'est compliqué alors qu'ils me mettent au coeur du monde. Pourtant je la sens qui rôde. Je ne sais pas qui c'est ce qu'elle me veut peut être de la drague peut être j'ai la braguette ouverte peut être l'oeil aiguisé elle a compris que j'étais en redescente peut être qu'elle observe cet espèce d'idiot qui porte des lunettes de soleil dans un musée sale touriste qui fait la culture pour faire bien c'est ridicule les gens qui portent des lunettes de soleil à l'intérieur dans le métro de Rome j'ai envie de me lever et de pointer du doigt les gens qui font ça en criant fort hé regardez moi donc cet idiot il a peur que le soleil se lève dans les couloirs qui puent
Oui bon ça se tient, je me dis que ça se tient, qu'elle a bien le droit de me regarder comme le pauvre idiot dont j'ai l'air, et je note dans mon carnet d'intérieur de veste mental que si je recroise quelqu'un avec des lunettes de soleil dans le métro à Rome ou ailleurs je pourrai calmer mes ardeurs en me disant que peut être ce quelqu'un est en redescente d'opium.
Pas facile de se laisser regarder quand on est soi même en train de regarder un truc qui nous absorbe pas facile on ne sait plus par lequel des deux on a envie de se laisser déconcentrer l'avantage c'est que cette double sensation a fait disparaître de ma perception les bruits de pas des gens qui marchent et qui discutent comme si on était dans une trattoria au lieu d'un musée c'est pas mal ce bouchon sonore provoqué par la double vision ça marche comment ce phénomène j'approuve j'approuve, continue-donc à me regarder continue

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